• Les gaz de schistes et leur prix record au Etats Unis ( la moitié du prix de l'essence ou du gazole!) font que les utilisateurs de combustibles pétroliers s'y intéressent de plus en plus, même pour des applications traditionnellement éloignées de ce combustible. Ainsi en est il des applications mobiles dans le transport où les opérateurs de flottes de véhicules aux Etats Unis ont commencés à convertir leurs véhicules à une carburation au gaz.
    La première utilisation est pour les flottes captives, collectivités locales ou ramassage scolaire ou ramassage des déchets, qui peuvent disposer d'un approvisionnement en gaz à leur garage. Les municipalités de Los Angéles, Phoenix, Dallas, San Francisco ou NewYork sont déjà passé au gaz naturel comprimé,CNG, pour leurs flottes ce qui a eu pour résultat annexe mais important de diminuer la quantité de CO2 émise par ces véhicules.
    Pour le transport routier lui même qui nécessite des points de ravitaillement régulier, un transporteur comme UPS est en train d'installer quatre stations services privatives dans le Tennessee et à Dallas qui viendront compléter celles dont elle dispose dans le Nevada, l'Utah et l'Arizona. avec un tel maillage du territoire, UPS peut envisager sereinement de convertir toute sa flotte au gaz. Un avantage considérable en compétitivité.
    Pour les particuliers, on est encore loin d'un début de conversion à cause de l'absence d'un réseau de distribution dans le pays et de véhicules équipés d'origine pour la bicarburation. Les constructeurs commencent à offrir des pick up tout équipés. Et les producteurs de gaz importants comme Chesapeake travaillent à des dispositifs pour pouvoir remplir son réservoir à partir de son réservoir ou de son compteur à gaz domestique!
    On est encore loin de percevoir toute l'ampleur des bouleversements que la découverte des gaz de schistes va apporter à nos modes de vie.

  • Le prix d'accès au gaz dans l'Union européenne qui était fixé depuis des années par référence au prix du baril de brut et pour lequel les sociétés gazières disposaient de peu de moyen de pression lors de leurs négociations commerciales face à Gazprom, Statoil ou la Sonatrach, ont fait l'objet de renégociations ardues face au géant russe en particulier. Avec, pour une fois, un argument fort en faveur des gaziers européens, le prix du gaz aux Etats Unis, nettement plus faible que celui de Gazprom!
    Le marché du gaz à travers le monde est nettement plus varié que celui du pétrole brut car le gaz se transporte mal d'un continent à l'autre. La logistique la plus simple et la moins couteuse passe par des gazoducs qui assurent un maîtrise de facto des flux de produits et d'une certain manière des prix à celui qui en est le propriétaire et à celui qui y introduit le gaz à son extrémité. D'un continent à l'autre par contre, la logistique passe par la liquéfaction du gaz dans des usines très couteuses coté producteur, des bateaux spéciaux, les méthaniers, qui transportent le produit liquéfié d'un continent à l'autre et des usines de régazéification sur l'autre continent, coté client.
    Le marché gazier sur un continent est pour l'instant un marché fermé  ce qui explique les différences de prix subsistantes entre les marchés européens et américains. La vrai harmonisation du prix du gaz des deux cotés de l'Atlantique n'interviendra toutefois que quand il sera possible d'exporter du gaz liquéfié des Etats Unis, ce qui comme vous savez si vous suivez ce blog, ne devrait pas tarder. Elle existe déjà pour les produits dérivés, les grands intermédiaires chimiques  et plus généralement tous les produits issus de la pétrochimie qui sont liquides ou solides. Ce sont ces produits là, en fait, qui subissent de plein fouet en Europe l'impact des gaz de schistes.
    Les négociations entre producteurs et électriciens ou gaziers se sont traduites par une prise en compte des prix spot bien plus importante que précédemment.GDF Suez fait état d'un pourcentage de référence aux prix spots dans les formules de prix qui est passée de 10pct en 2010, 36 pct en 2012 et 46 pct aujourd'hui. Statoil a indiqué que son pourcentage de référence aux prix Spots est passé de 25 pct il y a quelques années à 55pct de nos jours.Gazprom
    est resté plus ferme sur ses positions, annonçant un prix de référence moyen com^portnaztb seulement 7 oct de prix Spot. Par contre il a du perdre de la part de marché.
    Enfin les énergétitiens allemand, E.ON et RWE ont su récupérer le trop perçu de leur fournisseur russe pour des montants avoisinant le milliard d'euros!
  • ScNabuccoFin

    Nabucco, le projet de gazoduc entre la Mer Caspienne et l'Europe Centrale soutenu par la Commission Européenne pour assurer la sécurité énergétique de l'Union européenne en contournant Gazprom, est mort. Ceux qui lui ont porté le coup de grace sont les partenaires du champ gazier géant Shaz Deniz en Mer Caspienne. Ceux ci cherchaient un débouché pour leur gaz moins coûteux que celui du très long Nabucco.
    Dans un premier temps, ils avaient eu l'idée de se raccorder à la sortie de Turquie au gazoduc Bakou Tbilissi Erzorum, ce qui économisait déjà une bonne partie du trajet en début de tuyau.
    Et puis plutôt que de remonter le gaz via la Bulgarie, la Hongrie et l'Autriche, il fut décidé à l'intitiative de Statoil de se raccorder à un autre projet le TAP qui passait par la Grèce et rejoignait l'Italie du sud sous l'Adriatique. C'est désormais bouclé sur ce tracé. Le grand gagnant est la Grèce qui y gagnera 2000 emplois et les redevances de transit, les perdants la Bulgarie, la Hongrie et l'Autriche.
    Gazprom, que Nabucco devait aider à contourner, est aussi un des gagnants. il a d'ailleurs signé dans la foulée la décision d'investissement de son propre projet le Southstream sous la Mer Noire dont la construction va pouvoir démarrer.