C'est troublant, n'est ce pas? En même temps que vous lisez dans la presse que certains pays voudraient bien rentrer dans la zone euro, vous entendez dire aussi que d'autres pays voudraient en sortir!

Le dernier en date à vouloir y rentrer est la Lettonie, l'un des trois pays baltes avec la Lituanie et l'Estonie,ces trois pays autrefois soviétiques situé le long de la Baltique, au sud de la Finlande et au nord de la Pologne. C'est le pays du milieu entre la Lituanie au sud et l'Estonie au nord et sa capitale est Riga.C'est un petit pays de 2,2 millions d'habitants et il a subi en 2008 un impact dramatique de la crise économique avec une chute brutale de son PIB de 20pct qui l'a obligé à faire appel à l'aide du FMI et de l'aide Européenne. Mais il s'est restructuré tout seul, sans rien dire à personne, et a su ramener son déficit budgétaire de 9,8 pct à 1,2 pct aujourd'hui et son taux de chômage de 21 à 13,7 pct. C'est le pays de l'Union qui a connu la plus forte croissance en 2012 avec 5,6pct. Ca reste néanmoins un pays pauvre avec un niveau de vie comparable à celui de la Roumanie.

Il avait pour vocation comme tous les nouveaux pays d'entrer un jour dans la zone euro. Simplement il fallait remplir tous les critères, en particulier financiers et bancaires pour pouvoir "mériter" l'euro et contribuer à sa force et à sa gestion.C'est fait, en a jugé l'Union Européenne et donc la Lettonie devrait remplacer son bat par l'euro avant la fin de l'année. A quoi tient cette réussite? D'après son Ministre des Finances, Andris Vilks, grand artisan de cette réussite, c'est grace à sa discipline et en suivant les règles. "Nous avons une mentalité d'ordre", a t il dit. En tous cas il a prouvé que l'austérité, recommandée par les instances de l'Union tout en étant largement critiqué par certains pays membres, ça marche.

Autre candidat éventuel pour l'Euro, c'est l'Islande dont je vous ai déjà parlé et qui a subi également le terrible choc de la crise économique et financière avec des effets semblables à ceux subi en Lettonie, voire pire. Elle a bien compris qu'elle aurait eu avantage à être adossée à la Zone euro qui aurait pu l'aider dans cette mauvaise passe. Mais elle a choisi la voie du référendum pour demander à sa population, qui vient de souffrir énormément, son avis sur une éventuelle adhésion à l'Union Européenne et à la Zone euro. La aussi nous devrions en savoir plus avant la fin de l'année

Il y a ensuite les pays qui seraient affectée par les mesures de gouvernance plus sévère ,celles de taxation des transactions financières ou toutes les mesures règlementaires peu appréciés, comme la Grande Bretagne en particulier.Leur Premier Ministre, David Cameron, est en situation difficile sur cette question d'appartenance ou non à l'Union Européenne à l'intérieur de son propre parti et aussi à l'extérieur avec l'apparition d'un nouveau parti, l'UKIP,pour UK Independence party,-un titre explicite-,qui a obtenu un succès électoral inespéré aux dernières élections locales partielles en mai 2013 avec 23 pct de voix contre 29 au Labour et 25 aux Tories! 


David Cameron a décidé d'affronter cet eurocepticisme en promettant l'organisation d'un référendum sur le sujet avant 2017.    Il a même présenté un projet de loi prévoyant de l'organiser avant fin 2017 qui dévoile la question qui sera posée comme suit: «Pensez-vous que le Royaume-Uni devrait rester un membre de l’Union européenne ?» 

Il semble que cette proposition soit une posture tactique car un tel projet de loi n'a pas de chance de passer au Parlement britannique actuel mais la seule déposition du projet va susciter des discussion passionnées dont on ne sait pas vraiment ce qu'il peut en sortir!

Passons sur le cas de la Grèce et de Chypre qui sortiraient peut être bien de l'euro si les conséquences sociales n'en étaient pas plus redoutables que celles auxquelles ils sont déja confrontés.

Signalons enfin, dans un pays de l'Europe du sud en grande souffrance, le Portugal, le succès de librairie d'un livre qui vient de sortir et est du à un économiste de l'Université de Lisbonne, Joao Ferreira, qui plaide pour une sortie de son pays de l'Euro intitulé " Pourquoi nous devons sortir de l'Euro.Le divorce nécessaire pour sauver le Portugal de la Crise".

L'auteur est un eurosceptique connu dont le livre est en tête des ventes depuis sa sortie le 9 avril. Le gouvernement et le Premier Ministre ont beau marteler que pour recréer l'Escudo, il faudrait le dévaluer de 30 à 35pct et réduire les salaires dans la même proportion,les personnalités du monde politique n'arrètent pas de s'exprimer sur le sujet dans le sens qui pourrait les favoriser pour reprendre du pouvoir. 

Bref, voilà ce qu'il en coute d'avoir introduit notre monnaie commune de manière aussi catastrophique, à savoir sans harmonisation des politiques économiques préalables des pays membres de l'Union .Merci à notre(nos) classe(s) politique(s) pour ce désastre.