• Parmi la myriade des Offices,Haut Conseils, Commissariat, Commissions et autres Haute Autorités crées à tout bout de champ par notre état impécunieux, il en existe un sur l'évaluation des choix scientifiques et technologiques, l'Opecst, un office parlementaire qui a du s'auto-saisir, à vos frais,de l'évolution des techniques de fracturation hydraulique utilisées dans l'exploration et la production de gaz de schistes.
    Il est codirigé par un député UMP et un député socialiste qui viennent de sortir leur rapport sur le sujet qui a été largement repris par les vendeurs de prose, je veux dire les médias.Supposé étudier les techniques alternatives, il conclut à la supériorité technique de la fracturation hy
    draulique qui reste d'après eux la technique la plus sure et la mieux maitrisée avec un impact acceptable sur l'environnement. Pas de chance François Hollande ayant exprimé une fois pour toute son opposition aux gaz de schistes, il n'est pas question pour quiconque au PS ou au gouvernement de revenir la dessus. Sauf peut être Montebourg mais il semble avoir pris du recul par rapport à ses positions fracassantes des débuts !
    Coté techniques alternatives, il existe une technique sans eau mais au propane, employée aux Etats Unis et au Canada, mais le propane ca brule! Il existe aussi une technique, employée par Halliburton, qui n'utilise que des additifs à acceptabilité alimentaire et une technique, mise au point par Schlumberger qui consomme deux fois moins d'eau que la fracturation hydraulique. Rien de miraculeux cependant car quelle que soit la technique alternative elle coute plus cher.
    Les auteurs du rapport pensent que la fracturation hydraulique propre est possible et que nous avons les savoirs qu'il faut en France pour l'inventer! Reste que pour la mettre au point, il faut pouvoir l'essayer et que, comme c'est interdit chez nous, ce seront d'autres qui le feront et nous qui la leur rachèterons une fois au point.

  • Vous savez peut être qu'il existe un Institut Français du Pétrole, qui est financé par un taxe sur les carburants et qui travaillait il y a longtemps à développer des procédés de raffinage ou d'exploration/production. J'avais eu l'occasion, il y a 2/3 ans à l'époque de l'émergence des gaz de schistes, d'assister à leur conférence annuelle. J'avais eu la surprise d'entendre leur directeur, sur la question des gaz de schistes d'avouer son ignorance sur la positionnement des gisements sur le territoire et sur les réserves existantes. Pas brillant pour un institut financé par le consommateur!

  • En même temps que l'on a découvert les gaz de schistes, on a trouvé également des pétroles de schistes, dans des volumes plus modestes que les gaz mais tout de même dans des tonnages significatifs.Des pétroles légers, faciles à extraire et à raffiner avec de bons rendements puisque quasiment exempts de fioul lourd et de bitumes.On en trouve au Texas mais aussi dans le Dakota du nord. C'est ainsi que,grace à eux, la production américaine a gagné 1 million de Barils/jour à 9,1 millions de barils/jours en 2012 et qu'elle talonnera celle du premier pays producteur au monde, l'Arabie Saoudite, à 11,9 Mbj en 2018 contre 12,3 à l'Arabie Saoudite, après avoir dépassé la Russie au second rang dès 2015.
    C'est cette augmentation brutale et non ressentie qui a fait que le prix du baril dès 2012 s'est assagi à 100 dollars le baril.

ScFlux MaritimesUSEurope

  • Ces bouleversements économiques et énergétiques ont complètement modifié la carte des flux de produits pétroliers dans le monde.La crise économique a affaibli de 10pct environ la demande en essence et en produits raffinés aux Etats Unis. Par ailleurs, les gaz de schistes sont venu remplacer le pétrole en particulier comme matière première de base dans la chimie, réduisant de ce fait la demande en pétrole brut.
    Les Etats Unis sont ainsi passé de gros importateur à exportateur de carburant et d'essence et alors que précédemment les bateaux partaient chargés d'essence de l'Europe vers les Etats Unis et revenaient 
    quasiment à vide, ils partent maintenant chargés d'essence des raffineries américaines vers l'Amérique latine et l'Europe.
    Autre dégat collatéral de la modification de ces grands équilibres, la baisse du prix du gaz a chassé le charbon américain qui ne trouvant plus preneur aux Etats Unis, s'est retrouvé à prix cassé ...en Europe pour y être utilisé dans des centrales électriques anciennes au charbon pendant que l'on fermait des centrales à gaz. Voilà pourquoi l'Union Europénne sera incapable de respecter ses engagements en émissions de CO2 tout en polluant bien plus !!!