J'ai eu l'occasion à de multiples reprises de vous faire part des vicissitudes du dossier de la SNCF et de RFF, du désastre financier que cela représentait, de la manière, indécente pour les contribuables, dont il avait été traité par nos députés et des dernières demandes pour des financements complémentaires que ses dirigeants osent encore nous/vous faire.

Rappellons que la SNCF dans les années 1995 était au bord du dépot de bilan, essentiellement pour cause de politique sociale très (trop?) généreuse. Notre représentation nationale de l'époque, -tout aussi peu courageuse que dans les trente années suivantes(!!)-, ne trouva pas mieux, pour éviter les grèves et la confrontation avec les syndicats, que de refiler la patate chaude... au contribuable qui lui n'était pas en situation de comprendre le problème et son traitement et à qui on évita de le lui expliquer.

On coupa donc la SNCF en deux morceaux, l'un appellé RFF, Reseaux Ferrés de France, à qui l'on confia la propriété du réseau ferré, son développement avec quelques milliers de kilomètres de ligne TGV à construire et surtout ...les dettes de la SNCF à hauteur de 20,5 milliards. De l'autre coté, la SNCF allégée de la plupart de ses dettes qui conservait la gestion du réseau et des trains sans quasiment payer de frais de passages sur le réseau. Car bien sur l'Etat se réservait le privilège régalien de fixer l'interface entre RFF et SNCF au bénéfice de la SNCF et au détriment des contribuables. C'est ainsi que la redevance de passage sur le réseau fut fixé quasiment au même prix que l'entretien du réseau effectué par le personnel SNCF et facturé en retour à RFF.

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Ca fait quinze ans que ca dure, le couple RFF/SNCF voit sa dette augmenter de 1,5 milliards d'euros tous les ans, mais on ne vous parle que des 100 à 300 millions d'euros de bénéfice de cette SNCF aux pieds légers et jamais des pertes de RFF et des subventions que vous payez en contrepartie;

Pendant ces quinze années la Commission Européenne n'a pas arrété de mettre la pression sur les compagnies ferroviaires nationales et leurs gouvernements pour qu'ils favorisent la concurrence et l'ouverture des réseaux aux sociétés ferroviaires des autres pays membres. En vain car il n'est rien de plus chevillé au corps de nos sociétés nationales et de leurs autorités de tutelle que le refus de la concurrence justement.

Le précedent gouvernement et sa Ministre de l'écologie...etc, NKM, par l'organisation d'Assises du Ferroviaire, avait réussi à "faire passer" l'idée contraire , la réunion sous l'égide de la SNCF de l'exploitation des transport ferroviaires et la gestion des infrastructures du réseau.Au lieu de transférer les personnels SNCF de la maintenance vers RFF qui était la conséquence logique de la separation Reseaux/Gestion des transports, ils ont inventé de créer une structure intermédiaire, un GIU, Gestionnaire d'Infrastructure Unifié,qui serait rattaché à la SNCF dans un Pôle Public Ferroviaire Unifié, le PPFU! Exit le PDG de RFF qui, lui, était en faveur de la séparation des genres et... retour des dettes sous un chapeau unique!

Le nouveau gouvernement reprend le problème avec encore moins d'argent que son prédécesseur.La remise ensemble de la gestion du réseau et de l'exploitation des transports est censé amener quelques synergies, 500 millions d'euros par an,- sur le papier du moins-, mais pas assez pour équilibrer les comptes! Et nos PDG de tendre la sébille immédiatement au gouvernement nouveau en lui proposant une astuce nouvelle !

Il suffirait de calculer les impôts sur les resultats combinés des trois entités, RFF qui perd 1,5 milliard, la SNCF qui gagne péniblement 300 millions les bonnes années et le GIU pour que l'Etat "fasse cadeau" au PPFU de 500 millions d'impôts sur les sociétés.Comme j'ai eu l'occasion de vous le dire dans un message précédent, il n'y a que trois possibilités pour rééquilibrer les comptes d'un organisme en déficit quelqu'il soit. Faire payer le consommateur, le client, en augmentant les prix de la prestation vendue. Ce n'est pas la tendance au sein de la SNCF où l'on en est plutôt au low cost des TGV OUIGO. Améliorer le coût de l'exploitation des trains en l'optimisant, mais là aussi la SNCF et l'Etat qui n'ont pas su le faire en trente ans ne vont pas le faire dans le climat social actuel.Reste un innocent aux mains pleines, bien sur, à qui l'on n'a rien dit et on ne dira rien, le contribuable! Allez, vous verrez,ce sera le contribuable, qui sera choisi pour payer !