Alors on se reveille Monsieur le Ministre? Comme je l'avais déjà signalé, le problème de notre Education Nationale, ce n'est pas l'inadaptation (supposée?) des rythmes scolaires qui semble être l'obsession de notre nouveau Ministre, mais le fait que nous laissons partir dans la nature tous les ans 150 000 elèves dépourvus de tout diplôme. Un vrai désastre national auquel nos Ministres successifs de l'Education Nationale n'ont jamais réussi à remédier.Ils ne s'en sont jamais vraiment tracassés d'ailleurs,peut être parce que, comparés aux autres mauvais éleves de la classe européenne, nous étions dans le haut du tableau. L'inconvénient avec les français, c'est que quand ils sont dans une situation relativement favorable, ils ne font pas grand chose pour l'améliorer quand les "autres", les mauvais élèves pédalent comme des fous pour nous rattraper.

Decrochagecolaire

 

Par contre dans l'Union Européenne, Bruxelles fait son boulot en suivant de près l'évolution des performances des pays de l'Union dans les domaines pour lesquels nous nous sommes donnés des objectifs, ambitieux, d'amélioration. C'est le cas de l'Education des petits européens que l'on veut à la fois améliorer pour l'amener au meilleur standard mondial et harmoniser pour s'assurer que nos enfants, quel que soit le pays membre auquel ils appartiennent, aient les mêmes chances d'accéder à un haut niveau de qualification.C'est en effet la clé pour rester compétitifs avec les américains, les chinois mais aussi les autres pays émergents.

 

Bruxelles suit donc le  paramêtre précurseur de l'échec scolaire que l'on appelle le décrochage scolaire.C'est à dire le pourcentage de jeunes de 18 à 24 ans qui n'ont pas dépassé un niveau de  premier cycle du secondaire mais qui ne suivent plus aucune scolarité ni formation.L'Union Européenne s'est fixé un objectif pour 2020 de passer sous la barre des 10pct de décrochage scolaire en moyenne dont 9,5 pct pour la France.

Or dans ce domaine d'après les chiffres tout récent de l'Union Européenne, nous avons progressé - un peu-,de 2011 à 2012 en passant de 13,5 à 12,8 pct, mais nous avons perdu du terrain en relatif par rapport aux autres pays de l'Union.Cette dernière est passé en moyenne de 13,5 à 12,8pct avec un certain nombre de pays en progressions pour passer sous les 10 pct dont l'Autriche,le Danemark, la Finlande, l'Irlande, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède Les mauvais élèves sont l'Espagne avec 24,9pct de taux de décrochage, le Portugal (20,8), et Malte (22,6) et le meilleur la Slovénie avec 4,4pct. Nous naviguons quant à nous à la 19ème place, une place pas très glorieuse donc pour un pays développé comme le notre.

Autre élément intéressant de ce suivi européen, l'écart parfois considérable, de taux de décrochage entre filles et garçons.Pour la France, les filles sont descendu sous la barre des 10pct alors que les garçons naviguent à 13,4 pct. Dans toute l'Union Européenne, il est inférieur en moyenne de 24 pct à celui des garçons avec des pays dans lesquels ce taux est inférieur de plus de cinquante pour cent à celui des garçons, dont la Pologne, Chypre, la Lettonie et même le Luxembourg ce qui en dit long sur la démission scolaire de la gent masculine. Les femmes se plaignent dans les médias de sort qui leur est reservé. le temps où certains pays seront dirigés majoritairement par des femmes n'est pourtant plus très loin   

Nous avons pourtant une Ministre spécifiquement dévolue à cette tache, Mme George Pau-Langevin,Ministre déléguée à la réussite éducative, que vous avez peut être comme moi découvert à l'occasion de la publication des patrimoines.Pour l'instant elle démolit ce qu'avait fait le prédécesseur en défaisant la loi Ciotti qui prevoyait des sanctions financières contre les parents d"enfants déscolarisés. Reste maintenant à rebatir quelque chose de plus efficace, ce à quoi elle s'attele en présidant des assises quelconques et en créant un Conseil national de la réussite éducative.

Souhaitons lui néanmoins Bonne Chance.