J'ai fait le point sur le programme nucléaire britannique il y a deux jours, programme le plus avancé dans le monde,-en dehors de la Chine-, de construction de centrales nucléaires. mais ce n'est pas le seul et nombre de pays, en dépit de l'impact Fukushima, poursuivent les programmes qu'ils avaient annoncé.

Pour mémoire au Japon, le nouveau Premier Ministre Shinzo Abe envisage de redemarrer les centrales nuclèaires arrétées après Fukushima car, dit il, la situation d'approvisionnement du pays à base de gaz liquéfié importé à grand coût du Moyen Orient, d'Australie ou de Russie est industriellement (risque de pénurie de courant) et économiquement intenable.Cela ne pourra se faire qu'au coup par coup, après évaluation approfondie par les experts scientifiques de la conception,de la situation et de l'historique de fonctionnement de chaque réacteur. Deux réacteurs, Ohi 3 et 4 ont été redémarrés mi 2012 par le prédécesseur de Shinzo Abe. La centrale la plus proche de l'épicentre du séisme, Onugawa, a elle été arrétée sans problème et ses infrastructures ont été trouvée dans un état remarquanble après le séisme d'après l'AEIA. 

Pour l'avenir Shinzo Abe a annoncé que le Japon devait se placer dans le cadre d'une moindre dépendance du nucléaire et qu'il se donnait dix ans pour définir un nouveau mix energétique stable pour le pays.L'opinion publique reste contre tout redémarrage à 90 pct.

Autre pays dont on aurait pensé qu'il ne s'intéresserait pas au nucléaire, l'Arabie Saoudite envisage au contraire de se doter d'une quinzaine de réacteurs d'içi à 2032 pour une capacité de production de 17,6 Gigawatts soit une bonne dizaine d'EPR. Le soucis de l'Arabie saoudite est que, même si le pays flotte sur une mer d'hydrocarbures, cette mer diminue tous les jours à approvisionner le reste du monde  et sera un jour proche de l'épuisement. Il est donc de la responsabilité de ses dirigeants d'en prevoir l'avenir énergétique.

Un forum des fournisseurs s'est déjà tenu auquel EDF et Areva ont bien sur participé.Le soucis principal du royaume est de s'assurer de la part des marchés localisable sur place dans ce pays ou n'existe pas de culture ni d'expérience nucléaire et relativement peu de culture de sécurité.Apparemment 50 à 60 pct de ces marchés pourraeint neanmoins être assurés par les entreprises locales. La question du mix énergétique et en particulier de l'importance du solaire se pose également

Autre pays intéressé par le nucléaire, la Turquie, en dépit de son emplacement au dessus de failles tectoniques et de son exposition à de nombreux tremblement de terre. Elle envisage de construire à Sinod sur la Mer Noire un ensemble de quatre réacteurs nucléaires pour laquelle elle est en négociation intenses avec des fournisseurs chinois, japonais, sud coréens et canadiens. Areva est associé à ces discussions de part sa participation  à un consortium mené par Mitsubushi Heavy Industry avec lequel elle a un accord de coopération pour développer un réacteur de troisième génération de plus faible capacité que l'EPR, l'Atméa.

Celui ci a une puissance de 1100MW, plus abordable et plus en ligne avec les besoins des pays émergents ou en voie de développement que l'EPR franco-allemand conçu à l'origine pour ceux de ces deux pays. En développement depuis 2007, il reste encore un réacteur "sur le papier" même si le concept de base est d'ores et déjà achevé. Les options de sureté ont été egalement arrétées et acceptées par l'Autorité de Sureté Nucléaire Francaise comme "globalement satisfaisantes" au regard des exigences françaises. Reste à le faire accepter par les autorités des pays concernés et à en terminer la conception détaillée

La bataille commerciale est en cours et devrait se traduire prochainement par le choix final du consortium attributaire.Un projet de 20 milliards de dollars tout de même!

Ca bouge donc beaucoup sur le plan du nucléaire. D'autres projets moins avancés ou moins importants existent également içi et là. Malgré les découvertes de gisements nouveaux, de grande taille mais souvent difficiles à exploiter et l'émergence des gaz de schistes, les dirigeants du monde savent bien qu'à 50 ou 100 ans prêt, le problème énergétique reste posé,qu'il vaut mieux se préparer à y répondre et que le nucléaire reste une solution.