J'ai été très surpris du résultat négatif du référendum organisé en Alsace pour réunir en une seule entité, les deux départements du Haut et du Bas Rhin et le Conseil Régional et se débarrasser ainsi de deux conseils généraux et d'un certain nombre d'élus..Le cas de duplication de dépenses le plus évident en France du fait qu"il s'agissait de la seule région à deux départements seulement, en dehors de la Corse. Les alsaciens n'en ont pas voulu alors que je pensais qu'en électeurs intelligents et soucieux des coûts exagérés de ces structures, ils voteraient  sans aucune hésitation pour leur allègement. Ne serait ce que pour montrer la voix de la raison au reste de la France sur ce qu'il faudrait arriver à faire pour mettre à bas ces empilements de structures qui ne servent qu'à enrichir notre classe politique, cumul des mandats oblige!

Hé bien non! Ils n'en ont pas voulu!!! Il y a eu globalement 255 000 Oui contre 187 000 Non mais comme la règle du jeu était qu'il fallait une réponse positive dans chaque département, le résultat final a été négatif!

C'était le Président du Conseil régionaI, un UMP, Philippe Richert, qui portait le projet et du coté Haut Rhin, le maire de Colmar, la préfecture, était égalemnt UMP. On aurait pu penser qu'ils auraient pu faire cause commune.Par ailleurs,l'opposition de gauche, qui est confrontée au même problème d'empilement des structures dans les 22 autres régions qu'elle contrôle et qui, sur le plan national, a impérativement besoin de couper drastiquement les dépenses, aurait pu jouer intelligemment le jeu et montrer la voix à suivre sur le plan national. L'Allemagne et ses Länders était également un point de comparaison convaincant tout proche pour amener les alsaciens à adhérer à ce modèle d'administration territoriale.

Rien n'y fit. Le Haut Rhin, à qui leurs élus avait essayés de faire peur en les menacant de perdre Prefecture et Cour d'Appel, s'est refusé au mariage. Personne, apparemment, n'avait non plus annoncé le montant des économies attendues ni le nombre d'élus supprimés ni n'avait réussi à expliquer concrétement comment seraient assurés les services dans la nouvelle Région Unique. L'atmosphère nationale avec l'affaire Cahuzac n'etait pas faite non plus pour ramener le minimum de confiance envers les politiques necessaires pour faire adhérer les électeurs à un tel projet. Bref tout fut fait pour ne pas "vendre" le projet, ce qui montre malheureusement l'énorme fossé existant entre élus et électeurs

Ce qui est firt dommage, c'est que c'est la troisième fois, après la Corse en 2003 et les deux référendum sur Maastricht et sur la Constitution de Lisbonne, que nos hommes politiques se loupent aussi superbement. Ils nous parlent beaucoup du "terrain", se laissent filmer complaisamment dans le serrage de mains au marché local mais ne semblent pas savoir aller au delà et expliquer vraiment, les avantages, les quelques inconvénients, et les nouveaux  processus de fonctionnement dans la nouvelle entité globale à leurs électeurs.Etonnantnon?

Il va falloir pourtant impérativement alléger les structures et modifier des modes de fonctionnement qui datent de Napoléon, à l'époque où le département était l'enveloppe des déplacements d'une journée à cheval pour aller à la préfecture! A l'époque désormais des autoroutes, des TGV et de l'Internet, et du Guichet Unique, comment peut on soutenir encore l'existence de toutes ces structures qui coûtent des fortunes?

A suivre bien sur, mais c'est déjà mal parti...