Vous savez que nos Universités n'ont pas appréçiées du tout l'émergence du classement dit de Shangai pour juger de l'efficacité comparée de toutes les universités du monde. D'abord parce que c'est une profession qui admet difficilement de pouvoir être jugée par d'autres que leur pairs et surtout parce qu'elles sont immédiatement sorties très loin dans le classement. Jugez en plutôt: Même aujourd'hui, 5 à 6 ans après l'apparition du classement de Shangai et malgré des efforts pour améliorer leur position, il n'y a toujours que 3 Universités françaises dans le top 100 de Shangai, Paris Sud au 37ème rang, l'UMPC au 42 ème et Normale Sup au 73ème, et 20 dans le top 500.

Il y a quelques raisons bien sur. Le fait que le classement de Shangai attribue beaucoup d'importance aux travaux de recherches et donc aux publications et récompenses internationales, notre faiblesse congénitale en Anglais et la complexité du financement de nos laboratoires qui fait que personne ne sait qui finance quels travaux. Mais tout de même, ca reste pas brillant 

Que croyez vous qu'il arriva? Sous l'impulsion de la France qui assurait alors la Présidence de l'Union Européenne, la Commission de Bruxelles a décidé de mettre à l'étude une autre classification baptisé U-Multirank.Une classification qui serait plus large que celle de Shangai comprenant cinq domaines d'évaluation, la réputation en matière de recherche,la qualité de l'enseignement et de l'apprentissage,l'ouverture sur l'international, la réussite en matière de transfert de connaissance et l'action régionale. Un système que ses promoteurs jugent, bien sur, "moderne et très élaboré" alors que vous trouverez peut être vous lecteur, que tout cela n'est pas bien différents des objectifs du classement de Schangai, que tout ceci est bien verbeux et surtout difficile à "mesurer concrètement", qui est quand même le but de ces classements. 

Le classement U-Multirank sera présenté officiellement en janvier à Dublin, en principe pour les 500 Universités des 27 pays membres de l'Union qui devraient s'inscrire pour être classées pour au mieux 2014.

La Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Mme Geneviève Fioraso, a salué ce classement comme " un outil permettant de prendre en compte des points forts et spécifiques de notre enseignement supérieur  et européen comme les sciences humaines et sociales, le nombre d'étudiants et leur taux de réussite, le transfert vers l'industrie, la participation à l'innovation et la création d'emplois".Ah Bon?

J'avoue qu'à ce point du discours, pratiquant les universités françaises y compris littéraires et connaissant les besoins de l'industrie et les compétences des salariés étrangers, je ne suis pas sur d'avoir adhéré à cette description idyllique, à mon sens, de nos formations et de la contribution des universités à l'innovation et à la création d'emploi alors que leurs professeurs, malheureusement, n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise et parlent rarement l'anglais, ce qui, vous l'avouerez, est un handicap quasi insurmontable pour l'ouverture sur l'international. La Ministre au contraire me semble plutôt avoir exprimé en creux ce qui manque à certaines parties de notre enseignement supérieur.

Il en aura couté 2 millions d'euros au budget de la commissison Européenne pour mettre au point U-Multirank et il est prévu des fonds de démarrage  supplémentaire jusqu'en 2016.

A vous de juger si casser le thermomètre est la bonne méthode pour "reveiller" notre enseignement supérieur ou si l'injection de 2 millions d'euros supplémentaire dans les budgets recherches n'aurait pas permis de faire monter 2 ou 3 Universités françaises de plus dans le Top 100 de Shangai...

NB Un avantage ou plutôt une occasion à saisir, U-Multirank devrait permettre, par harmonisation européenne de ramener à un nombre plus raisonnable les 6600 Masters répertoriés dans nos universités!!