ScanEuthanasie

Une des promesses de campagne dont le Président n'a pas parlé lors de son intervention télévisé du mardi 13 novembre est sa promesse 21 concernant " une "assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité dans le cas de maladies incurables provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable et qui ne peut être apaisée". Une preuve, s'il en était besoin, qu'il peut y avoir des avantages à changer de majorité ou encore qu'il peut y avoir des sujets dont vous appréciez les propositions dans le programme du parti politique adverse de celui que vous soutenez   

Le Président à peine intronisé avait annoncé le 17 juillet la création d'une mission de réflexion sur les droits des malades en fin de vie, présidée par le Professeur Didier Sicard, dont les résultats doivent être connus en fin d'année mais dont on n'entend pas parlé pour l'instant. Espérons qu'elle n'a pas été oubliée dans un coin et attendons donc décembre...

Rappelons que ce sujet fait régulièrement débat et est règlementé pour l'instant par la loi dite Léonetti du nom du député qui a dirigé le précédent groupe de réflexion sur le sujet, qui date du 22 avril 2005. La dite loi maintient l'interdit de donner délibérément la mort à autrui qui était la demande fondamentale des partisans de l'euthanasie.Elle énonce cependant l'interdiction de ce qu'elle appelle " l'obstination déraisonable" c'est à dire l'administration d'actes « inutiles, disproportionnés ou n'ayant d'autre effet que le seul maintien artificiel de la vie ».

 L'appréciation de ce caractère « déraisonnable » est le fait du patient s'il est en état d'exprimer sa volonté. Sinon, c'est le médecin qui prend la décision, après avoir recherché quelle pouvait être la volonté du patient (existence de directives anticipées, consultation de la personne de confiance, de la famille), et avoir respecté une procédure collégiale.La loi fait alors obligation au médecin, après avoir stoppé tous les soins "déraisonnables", de soulager la douleur, de respecter la dignité du patient et d'accompagner ses proches.C'est ce que l'on appellé les soins palliatifs. La traçabilité des procédures suivies doit assurer la protection des différents acteurs contre toute poursuite judiciaire.

Sauf que cette loi n'est pas réellement respectée dans la pratique et en tous cas ne satisfait pas les français comme en fait foi un sondage paru dans le Pèlerin et dont les résultats vous sont donnés dans le graphique çi dessus. Selon ce sondage, 86 pour cent des français sont favorables à la légalisation de l'Euthanasie dont 59 pct chez les catholiques..59 pct veulent éviter l'acharnement thérapeutique et 68 pct veulent que l'on respecte la volonté du malade concernant sa fin de vie.

En ce qui me concerne personnellement,c'est parce que, je denie à quelque Etat que ce soit de s'arroger le droit de disposer de ma fin de vie.J'avais eu l'occasion dans ces colonnes de faire le point sur les différentes legislation en Europe vis à vis de l'Euthanasie. Les choses ont peu changées depuis et il est possible d'aller terminer son existence sans souffrir en Suisse ou aux Pays Bas par exemple. Peut être d'içi la fin de l'année la France sera t elle sur le point de rejoindre ces pays précurseurs