En France, il n'y a pas de concurrence dans le rail et donc nous, utilisateurs,subissons les tarifs que veut bien nous accorder la SNCF. les choses se snot d'ailleurs compliquées avec l'arrivée du "Yield management", cette méthode venue de l'aviation qui vise à remplir au maximum les trains en offrant des prix bas les jours où il y a peu de demande ou à la condition de retenir longtemps à l'avance et au contraire en proposant des prix élevés soit quand vous  prenez un billet au dernier moment ou aux périodes de forte demande.La SNCF a même inventé les trains ID TGV, affrétés par une compagnie separée de la SNCF et seulement accessibles par Internet.

Tout cet ajustement permanent des tarifs à des contraintes extérieures, apporte sans doute des prix compétitifs aux mauvaises heures et les jours où vous n'aviez pas vraiment pensé à voyager mais a aussi complexifié effroyablement la prise d'un ticket. Ceci dit,il s'agit de la gestion des ristournes dans un système où le prix de base, qui lui sert de point de départ, reste inchangé. C'est l'inconvénient de l'absence de concurrence qui,est une caractéristique du marché du rail européen et plus particulièrement du marché français.L'Union Europénne a pourtant établi l'ouverture à la concurrence, dans un premier temps pour le fret et désormais depuis 2 ans pour le transport de passagers.

Les concurrents ne se sont pas bousculés pourtant, sauf dans le fret où c'était plus facile, du fait du nombre de clients limités en nombre et des transports sur des lignes et destinations affectées et connues de tout le monde. L'Allemagne a réussi néanmoins à faire en sorte que les lignes type TER soient mise en appel d'offre, ce qui permit une assez large ouverture aux compagnies étrangères.

ScanAGVItalo

La Grande Bretagne, pays très partisan du système libéral s'il en est, et aux réseaux très dégradés, réussit à mettre en adjudication tout son réseau par vastes secteurs régionaux. Mais en terme de concurrence, pas vraiment d'avancée car au niveau régional, vous n'avez toujours qu'un seul opérateur,qui prend bien soin de ne pas se faire de mal à lui même.

L'Italie par contre a vu apparaitre....une compagnie ferroviaire nouvelle, NTV pour Nuovo Transporto Viaggiatori, qui est devenue la concurrente directe de Trénitalia, la SNCF transalpine. Et pas sur des petites lignes peu fréquentées et peu attractive pour les opérateurs. Carrément sur des trains à grande vitesse et avec le dernier cri des motrices et des trains Alstom, tels que vous n'en voyez pas encore en France, à motorisation repartie tout au long des train et pas concentré sur les motrices de tête.

Il fallu rendre cette offre nouvelle visible des clients potentiels et différencié des offres de la société nationale. D'où la couleur rouge des trains qui rappelle celle des Ferrari dont le président et actionnaire Luca Di Montezemolo fut PDG, le lièvre stylisé qui lui sert d'emblème et des aménagements et services qui rappellent ceux des compagnies aériennes.Pour quels résultats me direz vous?

Une compagnie ferroviaire nouvelle maintenant bien établie, qui  a connu un succès commercial indéniable en franchissant le million de voyageurs, dont les résultats financiers pour une premiere année sont corrects, une très bonne régularité de fonctionnement(97pct de ponctualité) et des prix qui ont mis le feu aux poudres du transport ferroviaire italien et créé une forte augmentation du trafic. Les prix qui sont établi également sur le système du yied management, ont baissé en moyennne de 30 pct passant sur Rome Milan de 91 à 62 euros  et au prix le plus bas de 51 à 39 euros.Quant au trafic, le ferroviaire a dejà gagné 6 millions de voyageurs quand le trafic autoroutier a diminué de 6 à 7pct dans le même temps.

L'avenir est pour NTV est à l'accroissement de son réseau de villes desservies et à l'accroissement de la vitesse pour passer sous les 2hrs de Rome à Milan, et un objectif de capturer 25 pct de part de marché. Pour Trénitalia, c'est de capturer le maximum de l'accroissement du trafic, de lancer son niveau TGV,baptisé Frecciarossa et de riposter aux attaques de NTV. Le lapin endormi s'est réveillée au bénéfice... des clients

Bravo, la concurrence! Ca change...

NB Signalons que notre SNCF, qui n'aime pas vraiment la concurrence si on en juge par les batons qu'elle a su mettre dans les roues de ses concurrents de fret, en est içi une fervente partisane puisque elle a pris 20 pct du capital de NTV. Curieux non?