• L'aéronautique ne va pas très bien en ce moment, pris en sandwich entre la crise qui lamine les voyages des dirigeants et cadres de haut niveau dans le monde et les coûts, en particulier celui de l'énergie, qui ne cesse d'augmenter. Sans compter la menace de voir le paiement du CO2 émis devenir une variable supplémentaire, très couteuse à prendre en compte et discriminatoire entre les compagnies européennes, qui vont la payer, et celle d'autres pays, comme la Chine ou la Russie, qui n'ont pas l'intention de l'établir!

    L'autre élément très perturbateur dans cette industrie a été et est toujours l'arrivée des compagnies dites low cost, comme Ryanair ou Easy Jet, qui font désormais parties du paysage aérien  et dont on peut dire qu'elles ont gagnées le combat face aux compagnies traditionnelles, tout au moins dans le domaine des courts courriers, où leur modèle est particulièrement compétitif.Elles offrent des tarifs bas, mais pas de services ou des services payants qui font qu'elles sont bien adaptés à certains usages et populations, en particulier le tourisme et les séniors.Même les professionnels les utilisent désormais pour leurs déplacements intra nationaux!

    L'extension régulière en Europe des réseaux de trains à grande vitesse, qui sont devenus les plus performants en confort et temps de trajet de centre ville à centre ville, est un autre élément perturbateur à signaler.Enfin dernière menace en date pour les compagnies tradtionnelles l'arrivée des 'compagnies du golfe' ,Emirates ou Etihad, qui se sont données pour ambition de supplanter ces compagnies traditionnellles dans le seul espace qui leur reste, les vols long courriers, en bénéficiant de l'ouverture totale du ciel, de conditions d'accès au carburant aviation préférentielles( du moins dans leurs bases du golfe) et d'un certain attentisme en terme de retour sur investissement qui résulte de leur politique de capture prioritaire de part de marché plutôt que de rentabilité

    Ce faisant, toutes ces modifications de l'organisation des transports ont affecté gravement la rentabiliité des compagnies traditionnelles dont le modèle de fonctionnement était basé sur les déplacements professionnels et un haut niveau de services.

  • La course à la restructuration est donc engagée entre les grands groupes qui ont besoin de ce fait de réduire leurs offres de transport.Chaque compagnie "nationale" traditionnelle y est allé de sa restructuration. Air France/KLM a ainsi fait sa révolution interne en réduisant les services, régionalisant son organisation et en créant sa propre société low cost, Transavia. Elle vient d'annoncer sa "pactisation avec le diable", pourrait on dire, en signant un accord de partage de code (code sharing en anglais) avec la compagnie du golfe Etihad, d'Abu Dhabi, qui devient de ce fait l'extension du réseau d'Air France vers le golfe et au dela vers l'Inde et l'Asie du Sud Est. En échange Etihad obtient un accès plus diversifié vers l'Europe via le réseau Air France/KLM.
    Les résultats tels qu'annoncés ces jours çi sont bons puisque supérieurs aux attentes des analystes pour le troisième trimestre 2012   

    Lufthansa, autre grand groupe mondial, vient, elle, de décider de transférer l'essentiel de ses vols intra-européens à sa filiale Low Cost, Germanwings.Ce sont les lignes point à point, par opposition aux lignes aui alimentent un "hub" pour des correspondances vers l'étranger, qui sont concernées.Il y en a ainsi une bonne centaine en Allemagne.Les autres vols transcontinentaux, long courriers, ou moyen courrier à correspondance resteront seuls aux couleurs de Lufthansa.Le coût de fonctionnement de GermanWings est inférieur de 20 pct à celui de Lutfhansa mais malgré cela, GermanWings, ne gagne pas d'argent avec 52 millions d'euros de perte en 2011
    Dans l'opération, GermanWings va récupérer une trentaine d'Airbus A 320 pour assurer ses destinations nouvelles ainsi que des personnels en provenance de la maison mère. mais pas aux mêmes conditions salariales ou de temps de travail!.Les pilotes par exemple qui sont aux mêmes niveaux de salaires chez Lufthansa et GermanWings, devront voler 20 cpt de plus qu'ils ne le faisaient chez Lufthansa.Quant aux hotesses est stewards, ce sera le passage chez GermanWings avec un contrat moins avantageux, le maintien chez Lufthansa mais seulement sur leurs hubs, Munich ou Francfort ou le départ.Gageons que les négociations avec les syndicats, mêmes allemands, ne vont pas être faciles

    Coté du troisième grand groupe, celui qui regroupe le britannique British Airways et l'hispanique Ibéria sous la banière du International Airlines Group, IAG, et de l'alliance One World, c'est l'espagnol qui est sous pression de se restructurer avec des destinations en moins (-15), des avions en moins (-25) et inévitablement des personnels en moins (-4500 emplois sur les 20 000 que compte la société soit 22,5 pct) d'içi le 1er Janvier 2013 sous peine faillite annoncée. C'est du moins ce qu'en dit le Directeur Général d'IAG qui est britannique. Les salariés eux pensent que British Airways cherche surtout à s'emparer des actifs de la société, dont les droit de vols pour assurer sa propre survie.La direction d'Ibéria riposte en lançant une OPA sur le capital qui lui manque de sa filiale low cost Vueling à qui elle pourrait bien céder...ses droits de vol  

    Coté italien, Alitalia a longtemps été la compagnie aérienne au fonctionnement le plus problématique. La prise de participation d'Air France et la création du "nouvel" Alitalia avait calmé le jeu. Pourtant elle vient de se faire dépasser sur son marché national par Easyjet et a perdu 201 millions d'euros au premier semestre. La direction a annoncé 690 suppression de postes qu'elle a suspendues une semaine plus tard. pezutb être était ce un bluff pour obtenir plutôt des concessions salariale pensent les syndicats.Les discussions sont en tous cas ouvertes sur fond de suppression par les pouvoirs publics de la Cassa Intégrazione, la caisse de chomage technique. A suivre donc

    A suivre...
  • Vous ne saviez peut être pas qu'il existait en France une petite compagnie aérienne, Aigle Azur, qui dessert certaines destinations africaines avec une douzaine d'Airbus A 320 dans lesquels elle transporte 1,8 millions de passagers.
    La quatrième compagnie chinoise,HNA pour Hainan airlines, forte d'une flotte totale de 410 avions et de 12 milliards de Chiffre d'Affaire vient d'entrer au capital à hauteur de 48 pct après deux ans de discusions et apparemment à un prix très raisonnable.Des "slots" de départ peu couteux qui vont permettre à HNA  et à Aigle Azur d'ouvrir des lignes entre l'Europe via Paris et la Chine.
  • Dans la catégorie des plus petites compagnies sans alliance forte, signalons le cas de SAS,la compagnie qui dessert le nord de l'Europe, Suède, Danemark,Finlande et Norvège. Elle n'a pas fait de bénéfice depuis 2007 et a déjà du être soutenu par les états scandinaves qui possèdent d'ailleurs 50pct de son capital. Ceux ci ont donné leur garantie à un prêt de 550 millions d'euros qui arrive à échéance et doit être renouvelé.Mais pour ce faire, il faut d'abord  que l'Union Européenne leur accorde l'autorisation de soutenir leur compagnie en contradiction avec les lois sur la concurrence....  
  • A signaler la livraison par ATR, filiale de EADS et de Finmecanica,de son millième avion à turbopropulseur, un ATR 72-600 de 72 sièges livré à la société espagnole Air Nostrum. Le turbopropulseur a l'avantage sur le réacteur de consommer nettement moins ( de 30 à 50 pct) mais est moins rapide et plus bruyant. De ce fait il est réservé aux vols inférieur à 800 km, ce que l'on appelle les vols régionaux.
    ATR détient 80 pct de ce marché et a produit 72 avions /mois en 2012 dans son usine de St Martin Du Touch à coté de Toulouse. La production devrait monter à 80 appareils/mois en 2013 et à 85 en 2014 dans la nouvelle ligne d'assemblage qui a été doublée en 2007.Un programme qui fait travailler 5000 personnes en France et en Italie avec les sous traitants.L'avenir est dans la montée en gamme avec un appareil à 90 places et toujours propulsé par des turbopropulseurs.Il reste à en faire approuver le programme par les actionnaires... 
  • Dans le domaine règlementaire,la Cour Européenne de Justice a confirme en appel l'obligation pour les compagnies de l'Union Européenne de dédommager les passagers ayant subi un retard de plus de 3 hrs, sauf circonstances exceptionnelles bien entendu.Elle avait déjà rendu un tel jugement il y a 3 ans dans une plainte concernant Air France.Cette fois,ce sont deux plaintes concernant l'une Lufthansa et l'autre à la fois British Airways, Easyjet, TUI Travel et même l'Iata qui étaient concernées. Rappelons que les indemnités possibles dans de tels cas vont de 250 à 600 euros et que les circonstances de grèves n'entrent pas dans les circonstances qui permettent aux compagnies de s'en abstraire.
  • En Angleterre, la British Airport Authority qui gére les 7 aéroports britanniques et à ce titre ne doit pas se tracasser beaucoup de compétitivité, vient de se voir obligé de mettre en vente l'un d'entre eux pour sortir de cette situation de monopole. C'est tombé sur celui de Stansted, le troisième aéroport de Londres, situé au nord de la capitale britannique,et quatrième aéroport britannique en nombre de passagers qui est donc désormais officiellement à vendre.
    Qui croyez vous qui a manifesté de l'intérêt pour le racheter? Ryanair la low cost irlandaise dont c'est une des bases britanniques, au coté de son collègue et concurrent Easyjet. Ryanair a proposé dev prendre une participation de 25 ct dans cet aéroport avec l'ambition d'en diminuer les coûts pour les passagers et d'en accroitre le trafic. A suivre