Je sus assez surpris d'apprendre que c'est Angela Merkel qui va aller en Chine célébrer la sortie de chaine de l'usine Airbus/EADS chinoise deTianjin du centième Airbus A 320 qui en sortira à cette occasion. Bien sur elle n'y sera pas toute seule puisqu'elle sera accompagnée de Fabrice Brégier le PDG français de Airbus et de Tomas Enders le Président allemand d'EADS. Mais tout de même pas de Chef d'Etat français pour être le digne pendant de Mme Merkel? Où sera t il  ce jour là qu'il ait jugé plus important que de célebrer l'inconstestable réussite mondiale de l'aviation, franco-allemande certes mais à fortes racines franco-françaises? A une réunion du PS? Ou à un colloque syndicalo-économique dont il ne sortira rien?

Pendant ce temps, Madame Merkel fait du business. Elle engrangera le crédit d'une commande attendu de 100 Airbus A 320 qui seront repartis par les pouvoirs publics chinois entre les différentes compagnies chinoises.Comme au bon vieux temps des commandes d'état à état! Ce sera la seconde fois cette année qu'Angela Merkel ira en Chine accompagnée de pas moins de 20 patrons allemands pour y célébrer les excellentes relations commerciales Germano- Chinoises qui vont se traduire par des échanges de marchandises de 144 milliards d'euros dont 65 milliards d'exportations allemandes et 79 milliards d'importations de Chine en Allemagne. Un presqu'équilibre remarquable! La France par contre exporte péniblement 13,5 milliards de marchandise vers l'empire du milieu.

Pourtant une des règles de base du commerce est qu'il ne faut jamais désespérer mais toujours travailler à de nouveaux produits, à de nouvelles approches et maintenir sans faiblir les contacts. Quelle meilleure occasion avions nous de célébrer nos produits que d'aller assister, côte à côte avec la chancelière allemande à la sortie du centième Airbus A 320 de Tianjin, la ville natale du Premier Ministre Chinois Wen Jiabao? On aurait pu y envoyer Monsieur Montebourg, le chantre de la démondialisation, mais peut être eu tel choix aurait il été mal perçu là bas, face à la présence d'un Premier Ministre allemand?

Toujours est il que Madame Merkel et l'Allemagne s'attribuent peu à peu la paternité de l'aéronautique européenne. J'avais signalé ce risque à l'époque où il fut décidé de laisser à l'usine de Hambourg l'exclusivité de la fabrication des modèles A 320 les plus nombreux en nombre et de ne garder à Toulouse que celle des gros modèles moins vendus. C'est sans doute cette exclusivité qui donne à Madame Merkel la légitimité pour aller seule assister à cette célébration. Quel dommage!