Lors de la campagne présidentielle, notre futur nouveau président, François Hollande, nous avait parlé de ces fameux "marchés" qui attaquent l'euro et qu'il nous avait promis de mettre à sa botte. Sans malheureusement nous dire qui ils étaient, sauf à nous confirmer qu'il s'agissaient de "spéculateurs", vils par essence, qui refusaient de prêter à pas cher à des pays à risques.Ces préteurs ne font pas apparemment dans le social, comme nos gouvernements se le permettent vis à vis de leurs électeurs!

En voiçi un que vous en connaissiez peut être pas et qui s'invite dans l'actualité, malheureusement négativement, le fond norvégien. Il s'agit d'un fond d'investissement dans lequel, sagement, les autorités norvégiennes ont décidé de verser leurs revenus pétroliers que le fond est chargé de placer dans le monde et de faire fructifier au mieux. L'idée étant que le pétrole decouvert au large des côtes norvégiennes n'était pas inépuisable et que nous serions bienheureux, les norvégiens du moins, de retrouver les fonds placés" lorsque l'hiver serait venu". Une remake en quelque sorte de la fable de "La cigale et la fourmi" de La Fontaine.

C'est devenu au fil des ans le fond d'investissement financier le plus important du continent européen avec 600 milliards de dollars de placements soit 120 000 dollars par Norvégien. Inutile de dire que quand ce fond décide de se retirer de tel ou tel pays ou de tel ou tel risque, son action secoue le reste du marché qui peut avoir tendance à l'imiter! Le mode de gestion de ce fond, par le simple fait qu'il soit géographiquement proche de nous, est il pour autant différent de celui des autres grands acteurs du marché ou de ses collègues des autres pays pétroliers ou miniers, ou encore des pays à balance des paiements excédentaires comme l'usine du monde, la Chine?

Pas vraiment, si l'on en juge par ses annonces du mois d'aôut. Son gestionnaire vient en effet d'annoncer qu'il allait "réduire son exposition au risque européen". Sous ce vocable apparemment inoffensif, ça veut dire en clair, transférer des prêts et des placements dans l'Union Européenne ou à des pays européens vers des pays ou des emprunteurs plus surs que nous mêmes. Et de mentionner la zone dollar, les Etats Unis ou encore les pays émergents, et encore sérieux seulement.Ce sont en particulier les risques souverains, ceux des Etats,qui les inquiète. Ils se sont déjà retiré en totalité du risque grec, débarrassé du risque irlandais et portugais et n'ont plus que 6 milliards de placé sur les risques espagnols et italiens. S'ils ont déjà arbitré de cette manière, de quels risques nous parlent ils? Eh bien ils pensent se dégager maintenant  des risques Français et Britannique! Un vrai raisonnement de capitaliste ultra libéral proche du prêteur usururaire.

Monsieur Hollande n'a pas protesté, peut être d'ailleurs n'a t il pas été consulté! Nul doute qu'il va réagir et ramener à la raison ce vil spéculateur. Au moins aurons nous réussi à identifier l'un de ces pelés, ces galeux d'où nous vient tout le mal.

Ainsi donc, derrière le "marché", se cachent des gens comme nous que les hasards de la nature ont favorisés et qui ne pensent pas à partager avec les autres! Etonnant, non? Comment allons nous faire, nous qui devons emprunter 800 millions par jour pour payer notre train de vie, si tout le monde se met à en faire de même.

Je m'en arrèterai là. Nul doute que Monsieur Hollande qui est un homme intelligent, a une solution dans sa poche pour domestiquer ce fameux marché. A suivre