01 juillet 2012

La datation à l'uranium bouleverse l'age de l'art pariétal.

Vous savez que depuis des décennies on peut mesurer l'age de documents, de tissus, de fossiles, ou de tout échantillon de matière organique par un méthode dite de datation au carbone 14.

Le carbone 14 est ce que l'on appelle un isotope du carbone "normal" le Carbone 12, c'est à dire une variante avec un nombre différent de neutrons, protons et électrons.Ce carbone 14 est radioactif et se désintègre pour revenir à la forme stable du carbone, le C12. Il a une "période" c'est à dire la durée necessaire pour perdre la moitié de sa masse, qui est de 5734 années. La mesure dans un composé organique du pourcentage de carbone 14 par rapport à celui de Carbone 12 permet donc de mesurer la date de la mort du dit composé, le carbone 14 disparaissant progressivement dans le temps alors que le Carbone 12 demeure.Cette mesure qui est néanmoins très difficile pour les très vieux échantillons à très faible teneur en carbone 14  permet donc de connaitre l'age de l'échantillon avec un bonne précision.

Cette méthode a valu à son auteur, le britannique Willard Frank Libby le prix Nobel de Chimie 1960

C'est cette méthode qui est beaucoup utilisée en archéologie, anthropologie et paléoanthropologie.On  a daté ainsi et on date ainsi tous les squelettes ou fragment de squelettes archéologiques, toutes les peintures rupestres et même le Saint Suaire de Turin.La limite de la méthode, outre la sensibilité extrème de l'instrument de mesure de la teneur en carbone 14, le spectromètre de masse, est qu'elle est limité à un age maximal de 50 000 années environ et qu'elle ne s'applique qu'à des échantillons organiques et pas minéraux, du moins s'il n'existe à leur surface aucun dépot organique.Heureusement, un échantillon de cet échantillon ou de ce dépot organique d'un seul milligramme suffit pour en mesurer l'age

Une nouvelle méthode, applicable, elle, aux composé minéraux vient d'être utilisée par des chercheurs anglais et espagnols, pour dater des peintures rupestres de différentes grottes du sud européen. Il s'agit de la datation à l'uranium, que l'on trouve en toute petite quantité dans l'eau de ruissellement qui finit par déposer une couche de calcite sur les oeuvres pariétales. La méthode date des années 70 mais a necessité des années de développement pour réduire la taille de l'échantillon au milligramme, qui permet de la considérer de nos jours comme non destructive.

Gros avantage de cette méthode elle permet de dater des peintures pariétales faites avec de l'ocre ou des pigments minéraux et non plus avec le seul pigment organique, le charbon de bois.Par contre elle ne donne qu'un date minimum puisque l'on ne sait pas combien de temps la calcite a mis à se déposer sur la peinture.Voyez que ca n'est pas aussi simple qu'il n'y parait au premier abord!

Qu'en tire t on sur l'age de ces peintures? D'abord que sur un même site, on trouve des peintures d'ages très différents de 22 000 à 40 000 ans.Et surtout que certaines d'entre elles sont plus anciennes que l'on pensait, de 4000 ans de plus que les plus anciennes peintures datées au carbone 14 pour un cercle en Ocre de la grotte d'El Castillo en Espagne. C'est là que ca trouble les archéologues qui attribuaient ces peintures à base d'animaux à l'arrivée de l'Homo Sapiens alors que rien n'empèche sur la base de cette nouvelle datation qu'elles aient pu être peintes par l'Homme de Néandertal que l'on pensait plutôt adeptes de signes abstraits comme en Afrique.

A suivre donc. 

Posté par CaDerange à 06:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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