09 juin 2012

R & D: Faut il mesurer son efficacité?

L’époque est à la reconnaissance de l’importance de la R&D, Recherche et Développement, dans le bon fonctionnement et le développement économique de nos sociétés, voire de nos économies face à des pays émergents dans lequel, en général, on sait développer des activités productives ultracompétitives à grand coup de bas salaires mais on sait beaucoup moins découvrir de nouvelles techniques, faire de la recherche fondamentale et développer de nouveaux services et produits.

D’où la floraison de pôles de compétitivité, de partenariat recherche fondamentale/recherche appliquée ou de crédit impôt recherche, CIR, l’arme absolue pour promouvoir et attirer les activité de R&D des sociétés privées sur notre territoire.

Reste que la difficulté demeure de savoir comment évaluer la qualité de cette recherche, ses résultats voire son retour sur investissement ! Or si l’on ne s’attache pas à mesurer d’une manière ou d’une autre l’efficacité de l’argent investi dans cette recherche, on prend le risque d’assister un jour à un «retour de balancier» qui se traduira par une perte de crédibilité de cette R&D, par des diminutions d’effectifs et par leur retour progressif à des ratios standard de personnes consacrées à ces activités par rapport à d’autres. Car dans un domaine où il est effectivement difficile de mesurer une performance, une des manières de la mesurer est le benchmarking par rapport à la concurrence.

Tout ceci pour dire que je suis interpellé par le changement de culture de notre leader de la pharmacie, Sanofi, dont le Président mondial de la Recherche et Développement, un américain, Elias Zerhouni, annonce que le retour sur investissement de cette activité dans ce domaine est passé depuis une dizaine d’année de 3 dollars pour chaque dollar investi à 70 cents. La faute dit il à des coûts qui ont été multiplié par dix en 25 ans par médicament nouveau mis sur le marché, à des recherches de plus en plus complexes et à des temps de développement jusqu’à approbation par les autorités et mise sur le marché, là aussi, infiniment allongée.001

Il est capable d’évaluer l’efficacité de ses services en terme de taux d’échec d’une recherche (99pct (!) actuellement avec objectif de le ramener à 98,5pct) ou sa productivité (1,4 dollar par dollar investi avec objectif de l’amener à 2) ou encore en « valeur médicale » de telle ou telle branche de recherche qu’il veut augmenter de 50 pct ou d’efficacité opérationnelle qu’il veut augmenter de 25pct. Un discours de directeur de production que vous trouverez difficilement dans un laboratoire français et encore plus dans un laboratoire de recherche fondamentale.

Car on vous y expliquera benoîtement que dans la recherche fondamentale nul n’est capable de prédire quand et si l’on va trouver et que donc la mesure de ce genre de performance est absolument vaine !

Trop facile, diront nos enfants ! Et à juste raison car les chinois, à défaut de faire de la recherche qui trouve, ont su, en bons acheteurs, mesurer la qualité de celle qu'ils veulent acheter à coup de classement de Shangai . Et, hélas dans ce classement, nos chercheurs sont plutôt mal placés

En tous cas,on souhaite à Sanofi de devenir ainsi le champion du monde de la recherche pharmaceutique.  

Posté par CaDerange à 23:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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