Credit Crunch: Et si nous étions allés trop loin...(suite)
Dans mon message du 10 mai, je vous expliquais la genèse du développement et de la mise en place de normes de régulations bancaires très sevères, à un point tel que l'on pouvait à juste titre se demander si le remède n'allait pas tuer le malade, en l'occurence l'économie européenne.
Le FMI a évalué la raréfaction du crédit en Europe du fait de ces mesures à la disparition de 2600 Milliards d'euros de capacité de prêts soit une baisse de 4,4 pct de l'offre de crédit à fin 2013, se traduisant par une baisse de Produit Intérieur Brut de 1,4pct
De plus, la dite régulation, pour être efficace, se doit d'être mondiale sinon les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous risquons de voir apparaitre à nouveau en dehors de l'Union Europénne,des financements à risque et ultérieurement des difficultés bancaire suscitant une prochaine crise financière. Et en particulier aux Etats Unis qui est le pays le moins enthousiaste pour une telle régulation alors que son systême bancaire est l'acteur majeur de la finance internationale .
Or pour l'instant, face à une Union Européenne volontariste dans ce domaine, la mise en oeuvre de Bâle 3 aux Etats Unis ne semble pas vraiment une necessité urgente pour eux. Mais même au sein de
l'Union Européenne, on constate des divergences profondes entre pays en fonction de leurs intérêts nationaux. C'est ainsi que la Grande Bretagne dont les organismes financièrs demeurent l'activité économique majeure, souhaiteraient porter au delà des 7 pct de fonds propres recommandés par Bâle 3, le taux de "garantie" des emprunts consentis par les banques britanniques. Pour la bonne raison que la Grande Bretagne a été obligée de nationaliser 3 grandes banques en 2008 et que le contribuable britannique ne veut plus entendre parler d'un soutien additionnel éventuel.Plus jamais ça nous dit la Grande Bretagne soutenue en cela par la Suède et d'atres pays du nord et de l'est de l'Europe. Autant donc monter le niveau de ces garanties, même au détriment de la croissance...
La France, elle, a la spécificité que toutes ses grandes banques sont engagées dans l'activité de bancassurance et ne veulent pas qu'on leur demande des garanties en capital au niveau de 7pct des sommes utilisées pour cette activité alors que le risque en est très inférieur à celui de l'activité de crédit.Sans compter le cas particulier des groupes mutualistes qui eux émettent des parts sociales au lieu d'actions pour lesquelles nous souhaiterons sans doute une adaptation des rêgles de Bâle 3.L'Allemagne est soucieuse que les règles soient standardisées et identiques pour éviter des siphonnages de clientèle d'un pays vers son voisin. Le Danemark a proposé un compromis dans lequel chaque pays pourrait définir/adapter ses propres règles dans certaines limites ( 3pct de plus par exemple) avec l'accord de la commission de Bruxelles.
La bataille se poursuit donc pour finaliser cette régulation. Une fois la question entérinée par les ministres des Finances, il faudra faire passer un tel accord au Parlement européen. C'est dire que ce n'est pas demain la veille que nous aurons une telle régulation finalisée, même si les choses progressent.L'objectif est que le texte entre en vigueur, pour la seule Europe bien sur, en Janvier 2013
Enfin, la nature ayant horreur du vide, on peut penser que là où nous supprimons ou diminuons considérablement les activités de banque d'investissement, d'autres(?) ne manqueront pas de venir prendre notre place...
Globalement donc l'Union Europénne aura bientot une nouvelle legislation bancaire et sécuritaire face au reste du monde. Pour vous, par contre, particulier ou entreprise européenne moyenne, vous aurez de plus grande difficultés à trouver du crédit et il sera plus couteux.! Ce qui ne va pas aider à la relance par la consommation chère à Monsieur Hollande
La question que je posais en titre de savoir si nous n'allions pas trop loin dans notre phobie régulatoire et précautionnelle ne trouvera sa réponse que dans quelques années et encore ne saurons nous jamais si çà aura été grace à ces régulations nouvelles que nous aurons évité une crise future !





