L'important, c'est la Grèce!
Parmi les deux évènements électifs du week end dernier, l'élection présidentielle française et l'élection législative grecque, la plus importante pour notre avenir commun était l'élection grecque, n'en déplaise à nos médias. Je reconnais volontiers qu'il était impératif pour tous nos médias d'être dans la célébration maximale de l'évènement français. Il n'aurait pas été inutile, néanmoins, de consacrer 5 minutes dans toute la soirée à ce qu'il s'est passé en Grèce,à savoir le rejet des partis traditionnels par les électeurs grecs. Comme c'est le parti socialiste grec, le Pasok, qui a pris la plus grosse claque, c'etait sans doute difficile de mettre cette lourde défaite en perspective avec la victoire de François Hollande dans une telle soirée!
Quelques jours plus tard, l'actualité vient nous rappeler brutalement à une réalité qui risque de nous couter cher. D'ores et déjà les bourses européennes ont plongées et ce n'est probablement pas fini. En très peu de temps,il est apparu impossible de trouver une majorité capable d'assumer l'hyperaustérité dont les grecs ont eux mêmes crée l'obligation par des décennies de tricheries sur tous les plans, tricherie fiscale, corruption, comptes publics trafiqués et mensonges y compris officiels vis à vis des déclarations à l'Union Européenne. Il y a eu des millions de bénéficiaires de ces tricheries qui l'ont oublié, que ce soit le "riche" à piscine ou le petit commercant sans facture.
Heureusement pour eux et malheureusement pour nous, les grecs sont entrés dans la zone euro. Heureusement pour eux car sinon ils auraient du dévaluer la drachme nombre de fois et en subir les conséquences dans l'augmentation des prix des produits et matières premières importés et la baisse de leur niveau de vie. On peut penser d'ailleurs que ça leur aurait été profitable car sans la protection que l'euro leur offrait, ils auraient du se préoccuper beaucoup plus tot de l'efficacité de leur administration fiscale et de la lutte contre la corruption. Malheureusement pour nous, car maintenant ils nous tiennent dans notre besoin collectif de sauvegarder cet euro, une des rares vraies réussites de l'Europe, sauf à plonger dans cet inconnu infiniment plus sombre, imprévisible et couteux qui nous attend.
Que va t il se passer maintenant? La pagaille financière que nous avons connue plus tôt cette année.Il va falloir vraisemblablement trouver un moyen de soulager le niveau d'austérité que nous avons imposé aux grecs, c'est à dire que les autres pays, et donc les contribuables européens, crachent au bassinet à nouveau pour financer un état grec en déliquescence, ses fonctionnaires trop nombreux et ses retraités sans défense. Ca se fera forcément au détriment de notre propre niveau de vie et de notre propre croissance.
Monsieur Hollande a fait campagne sur une certaine relance européenne et française de l'activité industrielle financée par l'endettement et sur sa faculté à maitriser la "finance". La crise grecque risque de faire passer ces deux promesses électorales à la trappe quasi immédiatement après sa prise de fonction. On ne me fera pas croire, d'ailleurs, que Monsieur Hollande, intelligent comme il est, n'était pas au courant pendant toute sa campagne de cet obstacle majeur sur la route de la réalisation de ses promesses.Claironner lors d'une campagne que l'on va mettre à genoux le monde financier et trouver à emprunter des sommes massives d'argent en période de défiance son deux exercices antinomiques. Personne n'a jamais forcé quelqu 'un,un particulier, un état, un fond d'investissement qui n'en a pas envie à prêter de l'argent à bas taux à un emprunteur à risque...
Suivez donc de très près cette crise grecque, elle risque de vous couter très cher. Et vous messieurs les médias, n'oubliez pas de la suivre et de nous informer de ses développements.
Comme je vous disais en titre, l'important c'est la Grèce
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