07 mai 2012

Investissement , relance et infrastructures

Les évènements et la situation économique des pays européens font que l'on nous parle de plus en plus de plan de relance, sans nécessairement nous dire de quoi il s'agit ni surtout de comment de tels plans resteront compatible avec le nécessaire retour à l'équilibre des budgets et à la réduction de la dette.

La relance par la consommation,- dite Keynésienne et en principe passée de mode-, consiste à pousser les Français à consommer davantage pour augmenter la demande par des moyens divers,augmentation des salaires, embauches, subventions à l'investissement ou diminution des taxes et à augmenter les dépenses d'équipements pour diminuer le chomage. Seul inconvénient, il faut avoir de l'argent pour lancer de tels programmes. C'est d'ailleurs ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy en 2009 pour lutter contre la crise et maitrîser autant que faire se pouvait la montée du chomage.On peut même dire que l'augmentation de la dette de la France durant le quinquenat de Sarkozy est lié d'une certain manière à cette relance. 

On a parlé d'un grand plan européen d'infrastructures pour relancer l'économie par la méthode classique de la relance par le batiment et le BTP.Reste qu'il ne serait pas inutile de rappeller les différences entre de l'investissement,de la construction d'infrastructures ou de l'accroissement des effectifs de tel ou tel service des administrations nationales ou régionales.

Un investissement est une opération industrielle pour construire un équipement, une unité ou une usine qui produira un produit ou un service dont la destination est d'être vendu sur le marché. La décision de le ou la construire passe par la définition technique de cet outil de production, par l'évaluation  de son coût de construction et ensuite par l'évalution de la production attendu de ce produit, de ce bien, ou de cet outil, face à une demande estimée pour le prix de production calculé. C'est un processus très complexe pour faire en sorte qu'un tel investissement, souvent lourd, se transforme bien en une unité de rapport qui rembourse et au delà le coût de l'investissement et des intérêts payés sur les emprunts, et paye le travail de tous deux qui vont faire fonctionner l'unité et vendre le produit.Autant dire que c'est une opération risquée dans laquelle il faut soigneusement étudier l'intérêt du consommateur pour le produit, le marché atteignable dans la durée, le coût de fonctionnement de l'unité, celui des forces de ventes, et le retour sur l'investissement atteignable.Un processus inconnu dans les sphères ministérielles et celles de la fonction publique.

Dans les arcanes de l'état et de ses filiales industrielles (EDF, SNCF,RATP etc) où existent des opérations industrielles, ce type d'investissement avec le processus d'évaluation de leur rentabilité décrit brièvement çi dessus se présente également, mais la filiale concernée se trouvant en situation de monopole et l'Etat en situation de fixation discrétionnaire des prix de ventes, il n'est nul besoin de travailler longuement l'étude du processus et de sa rentabilité. On investit, on construit l'unité, on met sur le marché le produit et si la rentabilité n'est pas assurée , on augmente le prix officiel du produit fabriqué !

Enfin,il existe un troisième domaine dans lequel il n'existe même pas un calcul prévisionnel quelconque de rentabilité. C'est celui des besoins à satisfaire dans le domaine non concurrentiel et non compétitif, comme les hopitaux, l'enseignement, la police, la justice, en un mot celui des fonctions régaliennes de l'état.Pas de problème, dans ce cas, on fixe les effectifs, les équipements et les modalités d'utilisation et de rétribution du produit ou du service au niveau des services équivalent dans d'autres pays.

Quand donc on parle de relance, c'est de la première dont il faut que l'on s'occupe et pas des deux autres qui permettent seulement de lutter contre le chomage sans dégager les ressources pour en couvrir le frais et au delà.

C'est d'ailleurs ce que Mario Draghi a dit à Barcelone lors de la dernière réunion des gouverneurs de la BCE. Il appelle à la mise en place d'un "pacte de croissance" comme il l'appelle mais qui soit compatible avec le pacte budgétaire existant. En d'autres termes il faut pour chaque pays de la Zone euro, dans un budget global en réduction s'attacher à la diminution des dépenses de fonctionnement courantes et non des investissements public. Pas tout à fait donc ce que prêvoit notre nouveau Président.

A suivre  

Posté par CaDerange à 07:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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