Mon message de contribution au débat public sur le rôle, le mode de fonctionnement et la puissance des syndicats a du vous montrer, je pense, que le fonctionnement actuel conduit nécessairement à une position jusqu'auboutiste de ces syndicats et de leurs membres et élus. Et dans le secteur public, pour lequel n'existe pas de contrepouvoir à la grève, à la multiplication de ces grèves qui perturbe gravement le fonctionnement de l'économie.

J'ai toujours vu, personnellement,les syndicats aller jusqu'au bout possible d'une action revendicatrice, y compris la grève d'avertissement, pour obtenir le maximum d'augmentation de salaire, le maximum d'effectifs,la durée la plus faible possible du travail,la durée la plus courte possible de la carrière professionnelle,et le maximum d'avantages divers y compris la contribution aux budget des CE. Et ce sans tenir compte des capacités contributives de l'entreprise  et de sa competitivité puisque, par essence,ils jugent la rémunération des actionnaires trop élevée voire leur existence même contestable.

C'est normal, c'est leur rôle et ce que le système existant les pousse à faire. Dans le système privé, où il existe une contrepartie en terme de prix de vente des produits, compétitivité, part de marché et nécessité de rémunérer, quand même, les actionnaires, l'ensemble de ces considérations constitue une barrière à l'envolée des salaires et avantages au dela d'une certaine limite qui mettrait l'entreprise elle même en danger. Il existe néanmoins des exemples, comme l'affaire Lip ou celle de la manufacture de St Etienne,ou la faiblesse de certains dirigeants ont amené telle ou telle entreprise privée à la faillite. Dans le secteur public marchand (celui qui fournit un produit ou une prestation payé par l'acheteur), en situation de monopole, il n'existe aucun contrefeu de cet ordre là à l'accroissement de coûts que l'on peut toujours finir par traduire en augmentation du tarif ou du prix de vente du produit. C'est le cas d'EDF, de GDF ou de la SNCF par exemple.Si en plus, il n'y a aucune monétarisation du service rendu par telle ou telle administration, l'Education nationale, l'Hopital par exemple, il devient quasiment impossible d'avoir une logique économique pour maitriser l'augmentation des coûts.

Il est d'ailleurs symptomatique de voir que la mise en place de l'informatisation de certains de nos administrations s'est la plupart du temps traduit par des échecs sanglants alors que dans le secteur privé elle s'est passé avec des difficultés certes mais dans le succès final.La raison en est simple, la justification majeure de la mise en place d'un nouveau système informatique est l'amélioration de la productivité qui passe hélas par la diminution des personnels. Un syndicat français, ne peut que s'opposer à de telles améliorations de productivité, essentielles dans le secteur privé, inutile pour l'instant en première analyse dans le secteur public.

Un autre mot sur l'utilité des actionnaires et la rémunération qu'ils "méritent". Si l'on écoute les syndicats,les hommes politiques et l'opinion publique façonnée par les journalistes, c'est gens là ne servent à rien et sont bien trop rémunérés.Dont acte. Pourquoi donc les salarés, au lieu de mettre leurs économies sur des plans d'épargne, ne se jettent ils donc pas sur les actions, y compris celles de leur société, si c'est une telle affaire?

Et pourquoi l''Etat, grand investisseur lui même dans des temps plus anciens , s'est il séparé de toutes ses participations dans les banques( !!!) et dans les sociétés industrielles?Peut être faudrait il reconnaitre un jour que l'actionnaire est utile, qu'il prend des risques qui méritent rémunération au dela des 3 pct de dividende moyen et que donc il faut le reconnaitre et travailler avec lui et pas contre lui? Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas lutter contre la spéculation.      

Autre exemple de méconnaissance de l'économie et de la sociologie.Vouloir maintenir une usine en fonctionnement alors qu'il n'y a plus de clients pour acheter ses produits ( cas de Photowatts ou des acieries), si elle exprime un vrai problème social et pose une bonne question, ne fournit pas une réponse économiquement viable car ne pouvant conduire qu'à l'accumulation de déficits et la fermeture finale des dites usines.

Enfin dire comme je l'entends couramment dans la bouche de gens qui n'ont jamais rien crée qu'il faut "créer des emplois" sans nous dire comment, autre que des emplois publics ou encore qu'il faut faire un grand plan de construction d'infrastructure, européen bien sur, sans nous dire comment on finance d'abord ces infrastructures et surtout par quel revenus on rembourse ces financements,est une autre absurdité économique.Oui si le dit investissement va rapporter, sur de sur, des revenus immédiats et récurrents pour rendre l'investissement rentable, Non si le dit investissement se traduira seulement par une dépense supplémentaire.   

La vrai réponse est effectivement dans les attitudes des syndicats allemands, leur coopération avec le patronat pour cogérer l'économie, la reconnaissance des fonctionnements de l'économie de marché et l'anticipation des évolutions du monde et des grands équilibres. Il ne faut pas croire qu'un tel type de fonctionnement se passe dans la facilité et que les syndicats n'ainet opas l'occasion de faire part, parfois violemment, des souhaits des salariés. La mise en place des lois sociales Hartz s'est passé avec des semaines de manifestation en allemagne. Force est de constater que les discussions pour améliorer la compétitivité des entreprises allemandes ont eu des résultats très positifs dans le maintien de la position de pointe et des résultats de l'économie allemande.

Pourquoi les syndicats français n'ont il pas eux mêmes, depuis 10 ans, appellés à une grande discussion sur le maintien de cette compétitivité? Parce qu'ils préferent rester dans le simplisme des argumentaires économiques, le confort de leur base d'adhérents, la prédominance des adhérents du secteur public dans leurs instances et leurs manifestations?

Pour moi l'avantage des débats actuels est de soulever cette question cruciale de l'évolution de notre système syndical dans le domaine de leur connaissances économiques, de leur acceptation de l'économie de marché,de la compréhension.des grands équilibres économiques mondiaux et de leur rôle, nouveau, de formation de leurs mandants sur ces sujets.Mener les français au jusqu'auboutisme comme ce fut le cas lors de la réforme des rétraites etait une absurdité Je ne crois pas pour autant une seconde que ce soit à l'état de se substituer à eux

Mais,la question de l'évolution idéologique de nos syndicats est une vrai question