Nous voiçi dans une fin de campagne présidentielle et le problème des rapports entre le pouvoir politique, les syndicats et l'économie vient d'émerger. Un sujet intéressant et non abordé habituellement en France dans le débat public alors qu'il est un élément important dans la compétitivité des produits français sur le marché international.

La France n'arrète pas en effet de perdre des parts de marché à l'exportation et voit de ce fait sa balance des paiements passer graduellement d'une position positive à une position négative.Au point que, si nous avions conservé le franc comme monnaie de nos échanges commerciaux au lieu de passer à l'Euro, nous aurions vu la valeur de ce franc se dégrader fortement. C'est un des énormes avantages de l'adoption de l'Euro, de nous avoir protégé de cette dévaluation insidieuse.

Or cette dégradation de la balance de nos échanges commerciaux est le résultat, d'un coté, de l'accroissement de nos importations de produits finis et de l'envolée des coûts des matières premières qui surenchérit le coût global de nos importations, et, de l'autre, de la diminution en volume et en valeur de nos exportations. Or la diminution de nos exportations est lié à la compétitivité à la vente de nos produits, qui est elle même liée ...au coût du travail.

L'attitude des syndicats face au patronat dans leurs entreprises et dans les négociations au niveau des branches, de l'industrie et du Ministère du travail est donc un élément important dans la compétitivité de nos produits et dans l'évolution de cette balance des échanges commerciaux

J'ai eu l'avantage de négocier des questions de salaires dans une entreprise privée américaine et de fréquenter les syndicats et leurs représentants à différentes périodes comme celle de la mise en place des 35 hrs par Martine Aubry ou celle de la mise en place, dans mon entreprise d'une "joint venture" avec un confrère, assortie de diminution de personnel, d'évolution des statuts, et d'harmonisation de plan de retraite. Je pense être en situation d'apporter une contribution, -très modeste-, sur les attitudes respectives des syndicats du patronat et des pouvoirs publics dans ces circonstances.

Les représentants syndicaux sont élus par les salariés et représentent tel ou tel syndicat dans l'entreprise. Ils bénéficient d'un statut particulier avec de larges exemptions de services, des déplacements relativement nombreux aux chef-lieux de région, dans la capitale ou au siège de leurs organisations syndicales. Ils sont très attachés à leur fonction qui les distinguent des autres salariés, ouvriers, employés, agents de maîtrise ou cadres et bénéficient parfois d'un traitement salarial préférentiel.

Ils sont en concurrence dans leurs propres syndicats avec de nouveaux candidats intervenants, et avec les autres syndicats au sein de l'entreprise ou dans l'organisation et la hiérarchie de leur centrale syndicale. Leur "carrière" professionnelle et syndicale,- qui est une des motivations personnelles de leur engagement-, est donc dépendante de leur pugnacité personnelle pour promouvoir leur syndicat telle que perçue par les salariés, de leur capacité à défendre les intérêts de leurs électeurs lors de négociations salariales ou statutaires et de leur habileté à s'intégrer dans l'organisation de leur syndicat.

Ils rendent des comptes enfin à leurs électeurs et peuvent être dépassé par leur base si celle çi n'est pas satisfaite des résultats obtenus par leurs élus. C'est dire que ce sont des situations qui offrent certes des avantages mais ne sont pas de tout repos. Elle pousseront naturellement à des attitudes jusqu'auboutistes.

Les syndicats et leurs représentants, dans l'industrie privée, connaissent bien le climat économique de leur industrie,de leur branche, de leur usine et de leur compétitivité par rapport au marché. Ils sont capables de modèrer les exigences de leur base au niveau local et de l'entreprise en fonction de cet environnement. Leur connaissance, par contre, du fonctionnement technique et financier de leur usine ou entreprise est limité. Dans le public, par contre, c'est une autre histoire puisque il n'y a pas de concurrence et donc pas de notion de prix de revient ni de competitivité. Une grève, dans ce contexte, n'entraine pas de pénalité, immédiate du moins, pour l'organisme ou la société concernée. Or c'est dans la fonction publique que se trouvent les gros bataillons des adhérents des syndicats.Nous sommes donc, en France, dans un monde à deux vitesses, celui du privé peu syndicalisé, peu représenté dans les instances syndicales nationales et conscients des dangers engendrés par leurs actions, et celui du public, sans concurrence,sans risque de disparition ou de perte de compétivité, aux actions bien supportées par les utilisateurs et face à des négociateurs "politiques" laxistes.Que croyez vous qu'il se produise? Ce sont les syndicats de la fonction publique qui gèrent avec les gouvernements les politiques économiques du pays et de son industrie... 

Au plus haut niveau national, et contrairement à la situation allemande, nous en sommes toujours à la croyance idéologique dans la lutte des classes, dans une conduite planifiée de l'économie et dans la vindicte envers le patronat et les entrepreneurs. La différence majeure avec l'économie allemande est justement cette croyance dans les mérites de l'économie de marché outre Rhin et le domination sans partage du syndicat d'idéologie communiste et de la fonction publique de ce coté çi du Rhin...

A vous de juger et ...à suivre