J'avais eu l'occasion de vous signaler l'émergence d'une nouvelle  forme de "soulographie" en Angleterre dénommé Binge Drinking qui affectait gravement la santé des étudiants britannique et pouvait même mettre leurs vies en jeu.*

Le Binge Drinking consiste à boire de forte quantité d'alcool, une bouteille de whisky entière par exemple, le plus vite possible pour se trouver très rapidement dans un état second et je suppose prouver ainsi sa virilité. Pour les hommes bien sur car les filles sont devenus également adeptes de ce Binge Drinking. Le milieu le plus touché est celui des étudiants et des adolescents qui passent une ou deux soirées par semaine à cet exercice.

Le Binge Drinking, d'après le Premier Ministre britannique, David Cameron, représente la moitié de l'alcool consommé en Grande Bretagne. C'est dire que le problème n'est pas marginal, loin de là.Outre les morts suite aux coma éthyliques que cette forme d'absorption brutale provoque, l'alcool participe de l'accroissement de la violence et de la criminalité, coute cher en frais d'hopitaux et a augmenté le taux de cancers du foie sur la dernière décennie de l'ordre de 25 pct. Au point que l'on estime globalement l'impact de cette pratique en Grande Bretagne à 900 morts par an.

La Grande Bretagne est le pays d'Europe le plus frappé par cette pratique avec 12 pct de la population qui boit jusqu'à 10 verres par soirée. C'est aussi le pays qui la culture la plus abouti du "socializing" qui veut dire se retrouver avec ses amis et copains le soir en sortant du travail avant de rentrer chez soi. Hommes et femmes chacun de son coté, voire dans son pub préféré. C'est aussi le pays où l'on boit de la bière à la pinte, c'est à dire au demi litre, et où l'on dit que l'on n'achète pas sa pinte de bière durant son passage au pub mais on la loue!

David Cameron, constatant les dégats, a décidé de s'attaquer au phénomène en augmentant les prix de la bière et des alcools et en s'attaquant aux pratiques des supermarchés de promotions aggressives type "Deux pour le prix d'un" ou "20 canettes pour 10 livres".A la place, ils vendront des "doses" de 10 ml à un prix seuil de 40 pence.Bravo, Monsieur Cameron, pour cet effort de maîtrise de cette dérive alcoolique

Et en France me direz vous?  Le Binge Drinking est également arrivé chez nous mais il ne s'est pas répandu comme en grande Bretagne du fait de l'absence du socializing et de la désuétude relative de la fréquentation des cafés, le soir en particulier, chez les jeunes. Là où il sévit, c'est dans les soirées des BDE, bureaux des elèves, dans les Ecoles et les Universités. Par contre le gouvernement ne s'est pas préoccupé pour l'instant de controler le phénomène...