21 avril 2012
Brèves de blog ...énergétiques
- Qui aurait cru qu'une centrale électrique pouvait tomber en faillite? C'est pourtant ce qu'il risque d'arriver à la centrale de Powéo,- racheté depuis par l'autrichien Verbund-, de Pont sur Sambre dans le nord qui vit des heures difficiles. Elle est pourtant récente, 2009!, à cycle combinée gaz, c'est à dire ce qu'il existe de plus performant du point de vue de son rendement,du même type que celle qui va être installée en Bretagne.Malgré celà, elle vient d'être placée sous procédure de sauvegarde.
La faute à qui? Au prix du gaz tel qu'on le négocie en Europe, c'est à dire relié au prix du brut. Dans ce cas particulier l'approvisionnement en gaz est fourni par l'italien ENI dans le cas d'un contrat à long terme, liè au prix du baril. Or le baril n'a pas arrété de monter, jusqu'à 120/125 euros actuellement, alors que le prix de l'électricité produite reste stable.La centrale perd donc plusieurs dizaines de millions d'euros et l'on ne voit pas d'évolution du prix du baril à la baisse se profiler à l'horizon dans un proche avenir.
A suivre - GDF Suez, qui avait racheté 70 pct du britannique International Power, a décidé d'investir dans les 30 pct restant! Ce qui prouve que ce qu'a trouvé GDF Suez dans la corbeille de la mariée devait correspondre aux espérances initiales.Ca traduit également que les marchés internationaux, dans lesquels IP était très engagé, sont sans doute plus juteux et prometteurs que le marché français sur lequel on ne veut pas de lui, au profit de son grand frère EDF. Il lui en coutera 7,1 à 7,5 milliards d'euros suivant qu'il lui faudra ou non dorer un peu la pilule pour les actionnaires restants.Dans la mesure où, comme je le disais plus haut, cette décision traduisait la satisfaction de la première prise de participation, je ne vois pas comment il pourrait de pas en être ainsi...
- Surprise, alors qu 'il était prévu que sur le marché britannique les grands électriciens allemands, E.ON et RWE s'mpliquent dans la revitalisation du parc de centrales nucléaires britanniques, ces derniers viennent d"annoncer l'un et l'autre qu'ils renonçaient à ce projet. Une conséquence,semble-t-il, de la décision de l'Allemagne de sortir complètement à terme du nucléaire après la catastrophe de Fukushima. Une décision qui ne va pas faire plaisir ni au gouvernement britannique pour lequel le nucléaire est l'axe majeur de la satisfaction des besoins énergétiques futurs du pays ni à Aréva qui était sur les rangs pour leur fournir son EPR.
EDF qui est maintenant très impliqué sur ce marché y verra sans soude un avantage en ce sens qu'il y perdra deux concurrents mais risque d'être mis sous pression d'accroitre le nombre de centrales nucléaires à construire dans le pays. Ce qui ne manquera pas de reposer la question, déjà abordée dans ce blog, de savoir si une société nationale française a vocation à satisfaire les besoins énergétiques d'un autre pays que le sien, avant même les siens propres!!
Il reste à E.ON et RWE qui avaient constitué une société commune, Horizon Nuclear Power, à l'effet de construire et exploiter ces centrales nucléaires, à trouver à la revendre avec ses actifs et ses permis. Avis aux amateurs! - GDF et Iberdrola pour l'instant maintiennent leurs projets de construction de centrales nucléaires en Grande Bretagne
- La Bulgarie qui avait prévu de construire une centrale nucléaire nouvelle, aux normes récentes, ppur remplacer lma centrale de Kozloduy, de type Tchernobyl et installée aux frontières de l'Autriche, vient d'annoncer qu'elle avait décidé d'abandonner ce projet.prévu à Béléné pour une puissance installée de 2000 Mégawatts.Ce projet évalué entre 6 et 10 milliards d'euros avait pris un coup dans l'aile en 2009 lorsque l'allemand RWE en avait annoncé son retrait et personne dans les énergeticiens européens ne s'était manifesté pour remplacer RWE.
Comme le réacteur, d'origine russe, a déjà été acheté et payé en grande partie, il sera installé...à Kozloduy - Tepco, Tokyo Electric Power, la compagnie qui exploitait Fukushima est dans une situation financière désastreuse du fait des dépenses colossales qu'elle a du encourir depuis plus d'un an pour assurer la maintenance de Fukushima alors que ses revenus ont du dramatiquement diminuer avec la fermeture temporaire ou permanente de ses autres centrales et alors que les indemnisations qu'elle devra payer à tous ceux qui ont du quitter la zone ne sont pas connues, mais seront également colossales . Incidemment un situation de ce genre montre les limites de l'exploitation privée de tels ensembles avec de tels risques.
Il a été annoncé que Tepco ferait des pertes de l'ordre de 6,4 milliards d'Euros pour l'exercice écoulé.La société est donc quasiment en faillite alors qu'il lui faut poursuivre le "fonctionnement" de la centrale dans les conditions actuelles,commencer son démantèlement, acheter le gaz pour faire fonctionner les centrales classiques qu'il a fallu réactiver pour approvisionner la région en électricité et commencer à dédommager les habitants qui ont du fuir la zone
Tepco vient de ce fait de faire une demande d'aide au gouvernement en participant à une augmentation de capital dans laquelle il injecterait 1000 milliards de yens soit 9,1 milliards d'euros.On assisterait donc à une nationalisation partielle de Tepco avec l'Etat japonais qui en prendrait à terme le controle aux deux tiers et en assumerait le management.
Tepco a demandé en plus une aide supplémentaire pour alimenter le fonds d'indemnisation des victimes de la catastrophe pour 846 milliards de yens/7,7 milliards d'euros.Encore Tepco estime-t-il maintenant que le coût global de ces indemnisations serait plus proche de 2500 milliards de yens que des 1700 estimés en première instance.
L'Etat prévoit de "prêter" seulement ces sommes colossales à Tepco qui les lui remboursera au fil de l'eau. Mais pour ce faire il faut que Tepco puisse présenter un modèle d'exploitation et un plan prévisionnel financier convaincant qui puisse donner de fortes assurances au gouvernement d'être remboursé un jour de ces prêts.En attendant Tepco vient d'augmenter ses tarifs professionnels de 17 pct et négocie ceux pour les particuliers.
Montant total de la facture,avec les premières fonds de soutien du gouvernement, de l'ordre de 20/25 milliards d'euros
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A part ça, j'aime bien vous lire car vous savez dénicher des infos intéressantes. Cordialement