Je posais la question,un peu provocatrice j'avoue, dans un message du 9 février, du pourquoi nous déconstruisions les centrales nucléaires alors que dans le lieu où elles sont, elles ne gènent personne et qu'elle occupent infiniment moins d'espace au sol que les décharges banales d'ordures ménagères!

La vrai solution pour les déchets les plus actifs et ceux à durée de vie longue est la transmutation, c'est à dire la transformation d'un élément radioactif d'une certaine durée de vie et activité en un autre moins radioactif et de durée de vie plus courte.Comment peut on faire une telle transformation? En cassant le noyau de cet élément par bombardement avec des neutrons rapides par exemple.

C'est d'ailleurs une des pistes de recherche que recommendait la loi Bataille de 1991 sur l'élimination des déchets produits par les réacteurs nucléaires. Casser les noyaux les plus lourds en deux ou plusieurs noyaux plus légers et de durée de vie plus courte.C'est le même principe que celui utilisé dans une réaction de fission nucléaire, celle de la bombe A ou encore celles utilisées dans les centrales nucléaires "civiles" pour y produire de l'électricité.Simplement pour casser les noyaux de certains élements comme le plutonium, l'américium, le curium ou le neptunium, il faut disposer de projectiles à forte énergie, les neutrons rapides.

On vient d'inaugurer le premier "démonstrateur" de cette technique dans le cadre des études en cours sur le plan mondial pour développer les réacteurs de quatrième génération qui succéderont un jour aux EPR actuels. Il s'appelle Guinevère et à été construit en Belgique, à Mol, dans le cadre d'une coopération entre le CEA et le CNRS français et le Centre d'étude de l'énergie nucléaire belge, le SCK.CEN.Il s'agit d'un accélérateur de particule qui génère des neutrons rapides qui vont bombarder, non pas de l'Uranium comme dans une centrale classique, mais un cocktail de déchets radioactifs à vie longue.Seule différence avec le réacteur de nos centrales classiques, il opère dans un mode arrêtable instantanément.

Il ne s'agit que d'un prototype dont l'accèlérateur ne depasse par le mêtre de long et le réacteur des deux mêtres de haut mais qui a couté tout de même les 10 millions d'euros. Il préfigure la prototype industriel prévu être construit pour 2023, déjà baptisé Myrrha, et qui lui fera 200 mêtres de long pour un cout d'un milliard.

Longue vie à Guinevère et Myrrha.