Le vrai inconvénient des énergies renouvelables, photovoltaîque ou éolien, reste leur caractère intermittent qui fait que même si elles contribuent à la production globale d'électricité, on est obligé de prevoir d'installer en double à proximité, des capacités de production de remplacement pour les suppléer quand il y a de la demande et qu'elles ne peuvent y répondre.

Ces capacités de production de remplacement doivent pouvoir démarrer quasi instantanément et ne sont utilisées que peu de temps dans l'année. Elles sont donc couteuses et peu rentables par rapport aux investissements qu'il faut consentir pour les mettre en place et les faire fonctionner. Elles seront dans leur très grande majorité à gaz ce qui fera bien les affaires des GDF Suez et autres Gazprom mais viennent pénaliser les émissions de CO2.

Prend on en compte lorsque l'on calcule le coût et la rentabilité d'investissements en énergies renouvelables, et le coût des Kilowattheures produits, ces coûts additionnels? J'en doute. Nul doute que Mesdames Duflot ou Joly connaissent la réponse à cette interrogation. Et nul doute que dans le grand appel d'offre pour l'installation des éoliennes de haute mer qui est en cours, nous en tiendrons compte dans les choix techniques.

J'avais attiré l'attention, dans les tout débuts de ce blog, en 2005, sur la nécessité d'investir lourdement en recherche sur le stockage de l'électricité. Il ne me semble pas que nous ayons pour autant crée un pöle de compétitivité sur ce sujet ni introduit dans le grand emprunt une composante stockage de l'énergie. C'est dommage. Peut être la campagne présidentielle va t elle rendre subitement intelligents les politiques qui nous gouvernent ou ont l'ambition de le faire? On peut rêver.

Je voulais vous signaler en fait, en demarrant la rédaction de cet article, un projet américain de centrale solaire qui prend en compte, partiellement cette nécessité de stocker l'électricité pour essayer d'en ouvrir l'horaire journalier d'utilisation001.

Il s'agit ci contre d'un projet de la société américaine SolarReserve qui prévoit de mettre en service dans le désert du Nevada pour démarrage en 2013 une centrale photovoltaîque thermique c'est à dire avec un passage par la conversion de l'énergie solaire recueillie par les panneaux photovoltaïques en énergie thermique au lieu de la conversion directe de l'énergie solaire à l'électricité.Cette conversion dans ce cas particulier est prévue se faire en faisant fondre du sel au lieu du procédé classqiue de faire chauffer de l'eau qui se transforme en vapeur et fait tourner un turboalternateur en serie.

L'avantage du stockage de l'énergie solaire dans de la fusion de sel au lieu de chauffage d'eau est que le temps de rémanence de l'énergie produite peut en être nettement augmenté.

La centrale de SolarReserve est estimée pouvoir avoir un intervalle horaire de production de Huit à Dix heures soit de 2 à 4 hrs de plus qu'avec l'utilisation du rayonnement solaire direct. Ce n'est pas le Pérou et ca n'éliminera pas le besoin d'avoir à proximité une centrale à gaz classique pour répondre à la demande de la nuit mais c'est un début.

L'impact d'une telle extension de la période productive journalière d'une telle centrale sur le coût du kilowattheure produit serait de l'ordre de 30pct. Le vrai saut technologique surviendra seulement néanmoins quand on sera capable d'assurer la réponse à la demande 24hrs sur 24 ce qui éliminera l'investissement couteux de la centrale de secours.

Signalons qu'il existe déjà en Europe une centrale solaire, construite en Espagne par Iberdrola, qui passe également par une conversion thermique et que le projet Desertec est également du type à conversion thermique. La nouveauté dans la centrale ci dessus est la tentative d'accroissement de la durée de production. La centrale photovoltaïque du futur sera sans doute de ce type avec une très forte capacité de stockage d'électricité et le challenge sera de réduire l'encombrement et le cout de ce stockage.

En ce qui concerne l'éolien par contre, pas encore d'idée géniale de stockage sur site en particulier pour les éoliennes de haute mer