J’ai eu l’occasion de regarder une émission sur la démolition, en cours depuis de nombreuses années, de certaines de nos centrales nucléaires les plus anciennes dont Brennilis en Bretagne et Chooz dans les Ardennes. Le plan de démantèlement d’EDF porte sur 9 centrales de première génération à la technologie obsolète et de construction différentes car datant d’avant la standardisation des centrales. Il s’agit de travaux sur lesquels peu ou pas d’expérience antérieure existe ce qui en rend l’exécution longue et difficile du fait qu’il faut inventer et mettre au point les méthodes de démantèlement au fil des travaux. 002

EDF a d’ailleurs crée un Centre d’Ingénierie de déconstruction et environnement, le CIDEN, spécialisé dans ces techniques pour les créer quand elle n’existent pas, les rendre sures, et éventuellement les exploiter ultérieurement. Après avoir été le premier exploitant mondial de centrales nucléaires, EDF en deviendra peut être le premier déconstructeur mondial !

Il faut pour cela concevoir des outils nouveaux, robotisés pour certain et apprendre à s’en servir en toute sécurité.Comme la caméra Gamma Gampix ppour localiser les points chauds ou le robot Maestro pour démanteler les élements les plus radioactifs ou une tête de découpe laser sous l'eau. C’est ce qui explique qu’on estime à trente ans le temps de déconstruction d’une centrale. Le coût provisionné dans ses comptes par EDF pour démanteler ces 9 centrales se monte à 2 milliards.

 Les déchets résultants de cette déconstruction sont radioactifs dans une proportion de 20pct et doivent être stockés en fonction de l’intensité de cette radioactivité et de sa durée dans le temps. La plus grande partie d’entre eux sont des déchets de béton, des gravats et des métaux de faible intensité radioactive. C’est l’ANDRA, Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs qui a la responsabilité de stocker ces déchets et de procéder à leur élimination à terme. Elle exploite deux centres de stockages à Morvilliers et Soulaines où elle stocke les déchets de très faible, faible ou moyenne activité et de durée de vie courte. Pour les déchets de forte et moyenne activité et de durée de vie longue (plus de trente ans), provenant  essentiellement du cœur du réacteur ou de combustibles usés, il est prévu la construction d’un site de stockage à grande profondeur qui est prévu être ouvert en 2025.

Voila donc où nous en sommes dans ce domaine. La chose qui m’a le plus frappé néanmoins dans cette émission, en particulier pour Brennilis pour laquelle le démantèlement, pour diverses raisons, est en cours depuis bientot trente ans, c'est la lenteur des travaux et la décontraction des participants. On n'a pas du tout l'impression qu'il y a un danger réel dans l'enceinte de ces centrales et aucun pression pour procéder rapidement à leur déconstruction.

Au point que je me suis posé la question de savoir pourquoi nous procédons au démantèlement de ces centrales alors qu'elles ne semblent géner personne, là où elles sont situées, depuis 20/30 ans !! Plutôt que de monter un système très couteux de déconstruction et de stockage des déchets....

Lecteur, si vous avez la réponse à cette question, n'hésitez pas à nous la communiquer....