Le gouvernement en fin 2011 décida brutalement de suspendre toutes les subventions et tarifs spéciaux pour tous les projets de mise en place d'installations photovoltaïques, que ce soient des installations du type "panneaux sur le toit" pour les consommateurs finaux comme vous et moi ou les gros projets de type centrale photovoltaïques de millers de panneaux et dizaines d'hectares.

Pourquoi? Parce que l'Etat s'était soudain rendu compte que ces subventions lui coutaient très chers, qu'il ne pouvait plus se les offrir dans le cadre de budgets de plus en plus contraints et qu'en plus ca profitait surtout aux fabricants de panneaux qui, entre temps, étaient devenus majoritairement chinois.Si l'Etat avait été bien organisé, ce qui ne paraissait pas très difficile dans une administration très bien pourvue en fonctionnaires, il aurait pu s'en apercevoir au fil de l'eau, mois après mois, et réagir avec mesure en diminuant graduellement les niveaux de subvention.

Au lieu de cela on appliqua le marteau pilon pour écraser la mouche en décretant un moratoire de 3 mois sur tous les projets photovoltaîques. Le résultat fut que le marché des installations photovoltaiques, sans subvention connue, disparu du jour au lendemain, et plus particulièrement celui des petites installations sur les toits. Je suit personnellement une PME spécialisée dans ce domaine mais sur le calcul précis du productible en électricité photovoltaïque et pas des installations de panneaux. Nous nous réunimes en urgence et prîmes la décision de prendre immédiatement le virage de l'export. Parce que nous avions la chance d'avoir un dirigeant parlant allemand et d'avoir un métier qui s'addressait exclusivement aux gros développeurs.

Moyennant quoi la société survécut mais après avoir passé les deux premiers trimestres de l'année à 50 euros de chiffre d'affaire par mois pour un effectif d'une douzaine de personnes!

Comment peut on, dans nos ministères, mettre en place des mesures de ce type sans penser que les entreprises en fin de course impliquées dans cette industrie ne vont pas en crever? On se le demande. C'est consternant, mais c'est hélas comme ça.

Aujourd'hui le Syndicat des Energies Renouvelables, qui a fait les comptes de cette décision insensée, chiffre à 7000 les postes qui ont disparu en trois mois. Certaines sociétés ont carrément mis la clé sous la porte,D'autres se sont concentrées vers les gros projets industriels qui durent encore. D'autres ont changé de métier. Celle dont je vous parle ci dessus s'est relancé à l'international.

Et voila comment, à cause de décision d'une absurdité sidérante et technocratique de nos fonctionnaires, on a fait passer une industrie bien partie, de 25 000 à 18 800 employés en 9 mois de temps!!

Ahurissant !