J'avais eu l'occasion de vous parler du désastre écologique que constituait la quasi disparition de la Mer d'Aral, cette mer intérieure située à la frontière Kazakhstan/Ouzbekistan qui était, avec 67 000km2, le quatrième plus grand lac du monde dans les années...1960.

Elle se situait alors sur le territoire de l'Union Soviétique, adulée à l'époque par le cinquième de la population française qui votait communiste, une Union soviétique dont l'intérêt pour l'écologie et l'environnement étaient mininal. La dite Union soviétique choisit à l'époque de développer la culture du coton en lieu et place de la production des 50 000 tonnes de poisson de la pêche locale,infiniment moins valorisable. Or la culture du coton exige beaucoup d'eau, une denrée plutôt rare dans cette région presque désertique.Il fut alors décidé de pomper largement dans les deux fleuves venant de l'Asie Centrale et amenant les eaux des glaciers du Pamir vers l'Ouest pour alimenter la Mer d'Aral, l'Amou Daria et le Syr Daria.001

A partir de ce moment là, l'eau commença à baisser dans la Mer d'Aral et sa surface à diminuer progressivement au fur et à mesure que la culture du coton prospérait.En 1987 sa surface avait diminué des deux tiers, la mer d'Aral etait désormais constituée de trois lacs, un au nord et deux au sud, et la salinité avait triplé.Le port d'Aralsk,sur la partie nord, à partir duquel les pécheurs appareillaient,s'était éloigné de 30 km de la mer. A ce jour,90 pct de son volume d'eau s'est évaporée et la partie sud de la Mer d'Aral est désormais considérée comme définitivement condamnée.

A l'écroulement de l'Union Soviétique, le Kazakhstan à qui appartient le nord de la Mer d'Aral, décide d'essayer de construire une digue de terre de 17km de long et 6 m de haut avec l'aide de la banque mondiale pour contenir les eaux du Syr Daria dans le lac nord. Effet immédiat sur la hauteur des eaux et la surface d'eau libre ainsi que la salinité.Aujourd'hui, en 5 ans, sa surface est revenue à 5000 km2, la hauteur des eaux atteint 42 m et les poissons sont revenus!

Autre élement très positif, le Kazakhstan dont le pétrole de la Mer Caspienne commence à être exploité a désormais les moyens financiers de ses ambitions écologiques.Il est prévu de remonter la digue de 6 m de facon à accroitre la hauteur d'eau dans la mer jusqu'à 50 m ce qui permettra d'accroitre la surface aquifère à 8000 km2.  Il est prévu également de construire un canal au nord pour détourner le Syr Daria et ... ramener Aralsk à sa position et à son rôle précédent, celui d'un port de pêche en bord de mer!  

Un grand bravo à tous ceux qui ont oeuvré pour ce début de renaissance et un grand merci au pétrole!