Le Commissaire européen à l'Economie et la Commission tout entière viennent de publier leur propre plan, européen bien sur, et de critiquer le plan de la France au motif qu'à leur gout, il ne fait pas assez de place à la rigueur.

Dont acte donc.Mais de quoi se mèle la Commission européenne? A t elle vocation à établir ses propres chiffres en contradiction avec ceux retenu par les états? A ma connaissance, elle n'a été élue par personne, n'est responsable devant personne et ses commissaires n'ont pas nécessairement les compétences, ni les services, ni les données détaillées dont dispose un pays pour calculer telle ou telle donnée économique.

De plus un plan est une estimation de la vision de l'avenir d'une société ou d'un pays et à ce titre est forcément faux. Par excès ou par défaut, c'est selon.Il n'est pas interdit d'être plus ou moins optimiste que la Commission. C'est la responsabilité du pays de l'établir, c'est lui qui exécute le budget et qui l'ajuste éventuellement durant l'année et c'est lui qui en assume les conséquences, pas le Commissaire européen. Si le commissaire à l'Economie, Olli Rehn, pense être meilleur à lire dans la boule de cristal que Monsieur Baroin, Madame Pecresse et leurs experts, qu'il s'installe comme Diseur de Bonne Aventure, il devrait avoir du succès!

A mon sens la constitution d'un plan européen doit se faire par discussion interne entre les administrations des pays et la Commission européenne et c'est dans cette phase que la Commission doit faire part aux pays de son opinion sur les propositions de ces pays. En fin de compte, par contre c'est le chiffre du pays qui doit être pris en compte et pas celui,- tiré de quel chapeau?-, du Commissaire.

Dans un monde où la communication est devenu primordiale, il me parait extrèmement dangereux que chaque Commissaire puisse faire part publiquement de ses états d'âmes au risque de voir les marchés se déchainer une fois contre la Grèce, une fois contre l'Italie et demain contre la France.Il est des moments où la discrétion doit être de rigueur, un comportement que la Commission et Olli Rehn ont bien respecté quand il s'agissait de trouver une solution au problème grec.Pourquoi veulent ils "paraître" à nouveau sur la scène, maintenant que le problème grec est en voie de résolution, en prenant le risque d'en créer un plus vaste encore, je ne sais. L'ivresse du pouvoir ou le surdimensionnement de tel ou tel ego peut être....

En tous cas, c'est extrémement dangereux et ça na pas lieu d'être. A la niche, la Commission!