Voila dix ans qu'EDF essaye de s'emparer du second énergéticien italien derrière Enel, Montedison. C'est en 2001 qu'EDF avait pris avec divers partenaires italiens, dont Fiat, 50pct du capital de Montedison. Malheureusement, le gouvernement italien, dans une crise d'italianité dont il a le secret, réduisit  par un decret-loi les droits de vôtes afférents à cette participation capitalistique à ...seulement 2pct de ces droits!

Un décret-loi qui était contraire à la libre circulation des capitaux que garantit les traités européens mais qui permit à la situation batarde de la gouvernance de la société de perdurer quatre ans supplémentaires. Plus tard, en 2005, à l'occasion du désengagement de Fiat de Montedison et de la demande d'Enel de pénetrer sur le marché français, il fut acquis de lever le décret-loi pénalisant les droit de votes d'EDF mais de mettre en place un pacte d'actionnaires pour definir une gouvernance acceptable par tous les actionnaires et le gouvernement italien.En même temps le nom Montedison fut remplacé par celui d'Edison tout court.

Cet accord d'actionnaire arrivant à terme début 2011,de nouvelles négociations se déroulèrent debut 2011 pour permettre (enfin) à EDF de prendre le controle d'Edison, en satisfaisant les attentes des  actionnaires italiens potentiellement sortant et en apportant des moyens nouveaux à Edison dont la privait l'hétérogénéité de son actionnariat.Malheureusement,le projet d'accord arriva à un stade de finalisation avancé au mauvais moment, c'est à dire en même temps que LVMH prenait le contrôle de Bulgari et Lactalis s'intéressait au laitier italien Parmalat. Le gouvernement italien irrité par ce nouvel accès de prise de contrôle de sociétés françaises sur des sociétés majeures italiennes demanda à EDF de repousser de 6 mois encore le dénouement des accords d'actionnaires.

Nous voiçi maintenant tout proche du dénouement final de cette saga franco-italienne et l'on peut maintenant sérieusement espérer, sauf crise d'italiannité brutale nouvelle, la conclusion d'un accord final entre actionnaires qui pourrait avoir les contours finaux suivants: a/ Edipower, la filiale opérationnelle d'Edison serait coupée en deux avec 4000MW de puissance installée au gaz qui deviendraient la propriété de Edison et les 750 Mw de puissance installée d'origine hydraulique qui reviendrait à A2A, la société regroupant les régies de Milan et Brescia.et à Iren, la société regroupant les régies de Gênes, Parme et Turin avec ua passage le paiement d'une soulte à définir.
b/ EDF racheterait les parts du suisse Alpiq de manière à faire disparaitre le holding intermédiaire Transalpina di Energia et de permettre à EDF de détenir toutes ses actions d'Edison en direct.
c/ EDF aura une option d'achat sur les 30pct des actions d'Edison restant entre les mains d'actionnaires italiens  sous 3 à 5 ans à un prix déjà défini.

Il ne reste plus qu'à attendre les accords définitifs des différents conseils d'administration et du gouvernement italien pour que l'affaire, après 11 ans d'efforts, soit enfin bouclée.

001La question intéressante qui demeure est de savoir ce que EDF compte faire désormais de Edison dans sa stratégie globale d'implantation.Or EDF souhaite en faire son bras armé dans le gaz, un domaine d'activité dans lequel elle a perdu une grande part de sa présence et de son importance avec la séparation d'EDF et de GDF, alors que son grand concurrent, GDF Suez possède les deux atouts à parité.

Edison est le second opérateur gazier en Italie derrière l'ENI avec 19pct deqs besoins italiens et des accords d'approvisionnement avec l'Algérie, la Lybie et le Qatar.Edison est également le second opérateur dans l'électricité  en Grèce avec une coentreprise avec Hellenic Pétroléum,Elpedison.

Mais surtout, Edison est très bien placé pour constituer la logistique d'approvisionnement en gaz  d'EDF pour le sud de l'Europe. Il est très impliqué dans le projet de Gazoduc GALSI qui doit, à partir de l'Algérie et de Sonatrach, remonter du gaz via la Sardaigne jusqu'en Toscane dès 2012 et dans le gazoduc ITGI qui doit, lui, amener le gaz d'Azerbaidjian et de son megagisement Shah Deniz via la Turquie en concurrence directe avec le gazoduc Nabucco.

C'est dire qu'il y a en effet beaucoup d'opportunité pour EDF  à s'emparer d'Edison.

Nous souhatoons Bonne Chance à EDF pour finaliser les transactions en cours et pour réussir son implantation sud européenne