Décidement, notre SNCF occupe beaucoup les médias et les autorités françaises ou européennes de régulation de l'activité ferroviaire à une époque, celle de l'arrivée des premiers compétiteurs sur la marché français du transport de voyageurs, où il ne vaudrait peut être mieux pas. Je vous ai signalé dans un message du 10 octobre l'exercice, à mon sens sans doute abusif, d'un Droit de Retrait qui a bloqué le réseau français pendant plusieurs jours au détriment de milliers de voyageurs.

Aujourd'hui, c'est pour sa résistance éventuelle à la concurrence, une maladie bien française, que se fait épingler l'attitude de la SNCF. Pour sa défense néanmoins, elle ne fait qu'exercer des "facilités" de géner l'arrivée et l'exercice de cette concurrence qui lui ont été données en 1997 par le législateur lors de la séparation en deux parties de "l'ancienne" SNCF en quasi faillite en deux entités distinctes, RFF en chargee des réseaux et bénéficiaire des 27 milliards de dettes existantes de la SNCF et la "Nouvelle" SNCF qui n'est plus qu'une société d'exploitation de ce réseaux.

Lors de ce partage, nos députés, sans doute par manque de courage face à des grèves potentielles, ont laissé RFF sans personnel susceptible de gérer le réseau du point de vue des horaires de passage et de l'attribution des "sillons" non plus que l'entretien de ce réseau. C'est donc du personnel SNCF au sein d'une entité SNCF qui gère horaires et entretien courant alors que cela aurait fort bien pu être fait, avec un simple transfert de personnel et en conformité avec le code du travail, par ce même personnel au sein de RFF.Ce qui leur aurait assuré une indépendance infiniment plus grande des opérateurs passant sur le réseau et de leurs intérêt propres....

Les obstacle multiples mis par la gestion des horaires SNCF aux passages de "leurs" trains furent d'ailleurs une des premières plaintes des opérateurs de frêt dès l'ouverture à la concurrence du transport de frêt!

Autre arme laissé par nos députés à la SNCF pour s'opposer à la concurrence la propriété des gares et sa gestion dont on va voir que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, elle va générer un problème similaire dès l'arrivée des nouveaux opérateurs de transport de passagers, cet automne.Mettez vous d'ailleurs à la place des employés SNCF chargés de la gestion des gares. Pourquoi se priver d'attribuer l'accès le plus éloigné de la salle des pas perdus à l'opérateur concurrent et de ne pas se montrer particulièrement actif pour en assurer une bonne signalétique?

C'est ce que vient de remarquer l'Autorité de la Concurrence en recommendant dans un avis récent à destination du gouvernement de réduire le poids de la SNCF dans la gestion des gares afin de mieux assurer l'ouverture à la concurrence et l'arrivée de nouveaux opérateurs.Elle estime dans cet avis que "l'autonomie de la Direction en charge de la gestion des gares au sein de la SNCF doit être a minima renforcée par de réelles garanties de séparation fonctionnelles". Elle recommande également que l'on donne des pouvoirs élargis à l'Autorité de Régulation des Activités Ferroviaires dont la création ne date que de 2010 .Dont acte. Gageons néanmoins que la direction de la SNCF se battra bec et ongle contre une telle recommendation. Et entre polytechnitien ou tienne( Pepy et NKM) on devrait y arriver...