• Le gaz a toujours été considéré comme le petit frère du pétrole et comme tel une énergie sous représentée vis à vis des pouvoirs publics nationaux et internationaux. Son importance croissante dans nos consommations, sa disponibilité plus grande à la surface de la planète, l'émergence de nouveaux "types de gaz" comme les gaz de schistes indépendants du pétrole, l'arrivée également de compagnies exclusivement gazières comme GDF Suez font que les promoteurs de cette énergie ont éprouvé le besoin de mieux se faire connaitre de la Commission Européenne et d'y faire reconnaitre l'importance de ce vecteur énergétique pour l'approvisionnement de l'Union Européenne. Non pas qu'il ne soit pas connu et reconnu mais pas assez au dire de ses partisans et de ce fait les infrastructures ne suivent pas( ports, réseaux de gazoducs, capacité de stockage) ni sa promotion à son vrai niveau d"importance  auprès du batiment et des f'rançais en général.
    La Fédération Eurogas qui regroupe les gaziers europeéns et est présidée par JF Cirelli ne cesse de se plaindre de la part, à son gout trop faible, du gaz dans le scénario énergétique européen.
  • Or la demande de gaz d'après l'AIE, Agence Internationale de l'Energie002, ne va pas cesser de croître en particulier dans les pays émergents, Chine et Inde en tète mais aussi au Japon ou en Allemagne où c'est l'énergie qui va venir prendre le relai des centrales nucléaires pour assurer la production d'électricité des pays.Au total, la consommation mondiale  de gaz va bondir de 50pct sur les prochaines 25 années.de 2500 milliards de M3 actuellement à 4200 milliarsd de m3 en 2035 ce qui sous entend d'importantes réserves nouvelles à découvrir, des infrastructures nouvelles en gazoduc pour les transports sur un même continent( Ex Russei et Asie centrale) et en dépots gaziers équipés de facilités de liquéfaction du gaz pour les réceptions de gaz naturel liquéfié en provenance d'au dela des mers(Golfe persique voire Australie).
    C'est dire les besoins en infrastructures que va necessiter cette conversion lourde au gaz.
  • Coté gazoduc, le Nord Stream qui était prévu amèner le gaz russe de Russie vers le nord de l'Allemagne en passant sous la mer Baltique est désormais opérationnel pour la moitié de sa capacité.
    L'interêt se déplace desormais vers l'approvisionnement du sud  de l'Europe à partir de gaz en provenance de la Mer Caspienne c'est à dire l'Azerbaidjian voire le Turkménistan.Les projets001 foisonnent en ce moment entre le projet Nabucco soutenu par la Commission de Bruxelles, le projet Southstream supporté par Gazprom, les "petits" projets d'addition de nouvellles branches sur d'autres gazoducs à partir de la Bulgarie en direction de la Grèce et de l'Italie(IGI) ou remontant vers l'Autriche et l'Europe centrale(BP). Aucune décision n'a été prise jusqu'à maintenant. Nabucco est très couteux et a une capacité de transport tellement importante que le mega gisement de Shaz Deniz 1 et 2 en Mer Caspienne ne suffirait pas à l'alimenter en totalité. Les autres projets plus modestes sont nettement moins couteux et ont chacun leurs vertus particulières.
    Une grande bataille en cours avec comme intervenants majeurs la compagnie azerbaidjianaise Socar, Gazprom qui cherche également à s'assurer la distribution du gaz de la Caspienne vers l'Union Européenne, la compagnie grecque Depa, la Turquie comme pays de passage de tous ces tuyaux, les majors pétrolières mais également les gaziers comme GDF Suez voire EDF, Edison, les allemands RWE, E.ON etc. bref tout le monde y est!
  • Coté gaz d'au delà des mers qui nécessite d'être liquéfié pour pouvoir être transporté au delà des mers vers les grands centres de consommation, pétroliers et gaziers investissent à tour de bras dans des unités extrèmement couteuses sur les grands gisements gaziers, au Qatar,1er producteur mondial, en Arabie Séoudite, en Indonésie et maintenant en Australie pour satisfaire la demande mondiale.Il y a pas moins de 7 projets d'usine de liquéfaction sur le sol australien engagé depuis 2007 pour 140 milliards de dollars.
    Le dernier en date s'appelle Wheatstone et vient d'être annoncé par Chevron, un pétrolier plutôt en retrait sur le gaz liquéfié par rapport à ses collègues.Il prévoit d'exploiter un gisement situé à 225 km à l'ouest en haute mer à l'aide d'une gigantesque plateforme, de gazoducs,de deux usines de liquéfaction et d'un port pour l'exporter vers les consommateurs d'Asie du Sud Est qui en sont les grands clients destinataires.C'est le second mégaprojet dans lequel Chevron se lance après le projet Gorgon encore plus ambitieux.
    Pour mémoire l'usine de liquéfaction flottante conçue par Shell avec Technip comme ingénieurie, pour être mis en service au large de l'Australie également sur des gisements de taille plus faible  
  • A l'arrivée dans les pays de consommation du gaz, il faut disposer de port méthanier qui puissent accueillir les grands navires méthanier modernes, en stocker le contenu, le regaséifier avant de l'injecter dans les gazoducs terrestres pour alimenter le consommateur final.001
    En Europe, c'est Rotterdam, 3 ème port mondial, qui est le port d'importation le plus important. Les Hollandais, dont on connait bien le dynamisme dans ce domaine, viennent de construire sur 35 hectares un terminal particulier pour importer le Gaz liquéfié, le stocker et le regaséifier.Il a été baptisé le Gate terminal ( Terminal porte) et leur en a couté 800 millions d'euros.
    Il pourra accueillir les plus grands navires méthaniers et est prévu voir transiter 12 Milliards de M3 de gaz tous les ans.
    Il est vrai que les Pays Bas qui sont un grand pays gazier dont les gisements s'épuiseront d'içi une cinquantaine d'années,devront s'approvisionner à long terme à partir de gaz étranger.Ils comptent, avec ce terminal, prendre la suite des réseaux de gazoducs construit pour le gaz de Groningue et maintenir leur leadership européen dans la fourniture et la distribution de gaz.Il constituera également le terminal d'entrée en Europe en cas de rupture d'approvisionnement par les gazoducs en provenance de Russie comme il s'en est déjà produit.