La situation dans le système éducatif anglais est tout à fait semblable apparemment de celle de notre propre système éducatif. Les élèves y sont rois et l'autorité des professeurs et de l'administration battue en brèche. Avec les conséquences que nous connaissons aussi: un métier difficile à vivre et qui n'attire plus, la peur pour les enseignants dans certaines zones, des élèves qui dès le primaire jouent aux caids,de l'absentéisme, des parents déboussolés comme ils le sont chez eux mais qui s'en prennent néanmoins aux enseignants et une qualité de l'enseignement public qui, pour des raisons multiples, baisse.

En Angleterre, le nouveau gouvernement conservateur de Monsieur Cameron relie le problème éducatif et le problème sociétal dont ils viennent de subir un nouvel avater avec les émeutes de Tottenham Court road et veut "changer les regles du jeu" comme il l'a annoncé en réintroduisant de la repression à l'école et ce qu'il a appellé la "Contrainte physique".Il relie en effet la délinquance des jeunes et en particulier des mineurs, à l'indiscipline à l'école qui en serait la première école. Ces "ames ^perdues du système scolaire" comme il les appelle n'auraient d'autre choix que d'aller grossir les rangs des gangs et ultérieurement d'aller remplir les cellules des prisons.

Solution d'après David Cameron et son ministre de l'Education Michael Gove, l'introduction du "tough love" à l'école, en français "l'amour ferme".Et la suppression d'une règle qui existe en France également, l'interdiction de toucher à un élève, la "No touch Rule".Il redeviendrait possible d'utiliser la contrainte physique pour séparer des enfants dans une bagarre ou jeter hors de classe un élève récalcitrant.Pour ce faire il vient de lancer un programme de masculisation du corps enseignant, voire de reconversion des anciens militaires en enseignants.Un idée dont il me semble que Ségolène Royal, dans certains cas, était partisante.

En Angleterre seulement 25pct des nouveaux professeurs sont des hommes et une école primaire sur quatre ne comporte aucun homme dans son encadrement. Je ne connais pas les statistiques en France, mais elles ne doivent pas être très différentes. Quant à la lutte contte l'absentéisme qui touche la bas 430 000 enfants, David Cameron a demandé a son ministre d'élaborer des sanction sévères dans ces cas. En France, la sanction existe, la privation des allocations familiales, mais n'est pas appliquée.

Il est sans doute facile, pour l'opposition ou pour les médias, de stigmatiser cette nouvelle politique et de la baptiser d'un descriptif ou d'un qualificatif qui tue. C'est sans doute ce qui a du se passer en Angleterre lors d'une émission de la BBC. David Cameron a répondu qu'il se qualifiait de "Conservateur de Bon Sens".

Pourquoi je reprend cette information? D'abord parce que nous avons le même problème et que ce n'est pas quand nous n'aurons plus de candidats au professorat qu'il faudra nous reveiller. Mais surtout parce que nous entrons en campagne électorale et que cela me semble un sujet privilégié à y traiter.Quel autre sujet en effet dont les français soient plus proches et sur lequel il n'est pas nécessairement besoin d'être diplomé des grandes écoles pour le comprendre et avoir des idées, que celui de l'Education nationale? Un système éducatif pour lequel, en cinquante ans de temps, on est passé d'une éducation restreinte en nombre à une éducation de masse, on est passé de classes à 35 élèves à des classes à 24, de systèmes de surveillance avec pions, surveillant général et Censeurs à des établissements ouverts sans moyens de contraintes, le tout sans que nous n'arrivions à maitrîser la situation et à assurer le niveau d'éducation que nous souhaitons autrement qu'en "forcant les notes".   

Peut être, le Ministre de l'Education, Luc Chatel, pourrait-il alimenter la discussion en nous fournissant les statistiques équivalentes et leurs évolutions dans le temps, disponibles dans le système français?