Nous, français, n'avons pas une grande réputation dans la lutte contre la corruption. La faute à la FrançeAfrique tout d'abord qui fut justement un haut lieu de la corruption, à une certaine bienveillance pour une approche "moi aussi" par laquelle nous en avons justifié l'existence et fini par devenir parfois pire que les autres et à une certaine sous estimation des conséquences à terme de ce type d'attitude. Car quand vous même, votre société ou votre pays êtes connus pour avoir été accessible une seule fois à ce genre de pratique, vous l'êtes pour toujours et dans la gestion de toutes vos affaires. Songez qu'il y a seulement 10 ans, un pot de vin versé à un fonctionnaire étranger par une société française était encore déductible fiscalement!

Depuis nous avons prix conscience du coût économique et de la réputation désastreuse que ces pratiques pouvaient entrainer pour le pays, ses exportations et sa balance des paiements.Les choses se sont bien arrangées mais nous et nos entreprises trainons toujours une réputation un peu sulfureuse... Par ailleurs notre législation comporte suffisamment de restrictions sur les poursuites possibles pour qu'elle soit peu appliquée et nettement en retrait par rapport au Foreign Corrupt Act et maintenant au Bribery Act anglais.

Comme le phénomène de la corruption est essentiellement international, c'est dans le cadre du G20 dont il se trouve que la France assure la présidence cette année,que Nicolas Sarkozy a décidé de s'attaquer à un problème qui représente pas moins de 5 pct du PIB, Produit Interieur Brut, mondial. Christine Lagarde qui en avait la responsabilité avant d'être nommée au FMI disait qu'il fallait "faire la chasse à la corruption en meute" pour exprimer qu'une telle lutte ne pouvait se faire qu'avec tous ceux qui y interviennent, les entreprises bien sur, mais aussi les banques chez lesquelles transitent ces pots de vins, les paradis fiscaux, voire les compagnies aériennes( Pourquoi  Swissair desservait elle tant de capitales africaines?) ou les intervenants sur le marché immobilier haut de gamme.

Autres intervenants dans cette chaine que l'on a souvent oubliés voire absous, les "receveurs" d'argent qui, à mon sens, ne sont pas des corrompus à qui l'on offre des prébendes mais beaucoup plus souvent des "demandeurs de pots de vins" qu'ils imposent aux corrupteurs.

Le G20 et l'OCDE ont déjà mis en place des structures communes pour travailler sur le sujet. Elles doivent se retrouver en Novembre à Cannes en parallèle du G20.Leurs suggestions devraient s'intégrer également dans le projet d'une Directive Transparence de la Commission européenne sur laquelle travaille le commissaire européen Michel Barnier.

Comme vous le voyiez, il y a pas mal d'activité pour lutter contre ce "cancer invasif à métastases multiples" comme le qualifie Christine Lagarde. C'est pas son éradication que l'on arrivera à la compétitivité équitable, celle par laquelle on assurera aux entreprises l'égalité des chances