Vous aviez sans doute, comme moi, pensé que les banques ne faisaient que de redistribuer les fonds déposées chez elles par les titulaires des comptes bancaires, sous forme de crédits à la consommation ou au logement. Ce fut sans doute vrai au tout début de l'existence des banques, mais très vite, elles comprirent que pour mieux gagner leur vie et développer leurs actvités, il fallait aller chercher l'argent là où il est et en très grande quantité , sur le marché!

C'est ainsi que petit à petit,les banques devinrent des machines à délivrer du crédit sans grandes garanties et sans aucun capital, fonds propres  placements ou prêts sûrs qui puissent leur permettre de ne pas succomber, en cas de  non remboursement de ces prêts, si, d'aventure, le marché, la situation économique ou l'évolution des revenus des emprunteurs ne le  leur permettait plus.

La suite, vous la connaissez, les banques américaines essentiellement, poussées par leurs politiques, commencèrent à préter à des personnes dont les revenus ne leur permettaient pas de s'endetter au niveau auquel ces banques allaient les y "autoriser", à grand renfort de calculs prospectifs particulièrement optimistes. La spirale descendante du subprime était enclenchée, diminution( ou non augmentation) des revenus, defaut de remboursement, multiplication des saisies et baisse du marché immobilier, nécessité pour les banques de retrouver d'autres fonds à préter, début de méfiance entre banques pour se prêter mutuellemen..t etc... etc.Pour les banques non américaines, ce furent plutôt les prêts aux Etats qui jouèrent le rôle de la danseuse.

Aujourd'hui où nous essayons de rétablir la confiance, il faudrait effectivement que les banques renforcent leurs fonds propres pour qu'elles atteignent un niveau raisonnable, - qui ne dépasse quand même pas les 7/10pct - , de couverture de leurs risques par leur fonds propres.

Canalblog 0001 002L'inconvénient c'est que l'on parle vraiment gros sous. Suivant une étude du cabinet Bain et Company, ce sont pas moins de 120 milliards de fonds propres pour lesquels il faudrait que nos banques(30 européennes et 20 américaines) trouvent des actionnaires nouveaux pour assurer le niveau de couverture des risques que la nouvelle norme Bâle III exigera d'elles à partir de 2012. Sans compter les 700 à 800 milliards de plus pour couvrir les liquidités correspondant aux dépots stables de long teme.

Les banques le savent qui ont préparées depuis longtemps l'adoption de Bâle III et les restrictions sécuritaires de l'après Subprime et du G20. Elles ont déjà depuis 2008/2009 tiré sur les aides d'Etat pour boucher les trous de l'après subprime puis depuis 2010 augmenté leurs capitaux propres.Au total on parle de 400 milliards d'euros auxquels il va falloir rajouter 2.5 milliards d'euros pour les banques espagnoles grecques et portugaises et une somme inconnue pour les banques, en particulier allemandes, qui ont été considérées comme "en ballotage" dans les stress tests de ce printemps.

Quand donc Madame Lagarde, maintenant à la tête du FMI, dit qu'il faut que les banques européennes se recapitalisent et vite , elle a raison, les chiffres ci dessus le prouvent. Ce qu'elle ne nous dit pas, c'est l'impact sur la santé des banques de ces recapitalisations.

Car qui dit accroissement du capital dit plus d'actionnaires auxquels il faudra distribuer des dividendes tous les ans et donc pour ce faire pourvoir dégager un résultat d'exploitation plus important, en moyenne de 25 pct de plus.

Deux solutions la aussi pour accroître son résultat d'exploitation: AugmenterCanalblog 0001 003 les recettes c'est à dire les taux des prêts (incidemment l'équivalent pour un Etat d'augmenter les impots). Ou diminuer les dépenses et donc les effectifs ( ce que les Etats ne savent pas faire).Certaines d'entre elles ont déjà choisi si on se fie aux annonces de réductions des personnels déjà faites par les grandes banques internationales de toutes nationalités. Ce sont les effectifs qui vont trinquer.

Les banques françaises pour l'instant, parce qu'elles ont(?) un modèle un peu différents des autres, se défendent de devoir réduire les effectifs mais pour combien de temps?

Alors Madame Lagarde, vous avez peut être raison d'un strict point de vue d'analyste financier. Mais êtes vous bien sure qu'il vaille mieux ne plus avoir de crise financière tous les 20 ans ( et encore ce n'est pas prouvé) ou de donner un peu de temps au temps et de sauvegarder davantages d'emplois?Monsieur Trichet et Monsieur Noyer, voire vous même quand vous étiez de ce coté de l'Atlantique, ne voyiez pas péril en la demeure au niveau de capitalisation où se trouvent nos banques?Alors?

Quant à l'Union Européenne et à son Commissaire  au Marché intérieur et aux Affaires Financières ,Michel Barnier, qui travaille sur un projet de directive sur la solvabvilité et la liquidité bancaire,s'il est d'accord pour mettre en place les ratios de solvabilité de Bâle III, il n'est pas pressé de mettre en place ceux sur la liquidité, qui d'ailleurs, d'après le comité de Bâle, devait être considérés comme en test jusqu'en 2015/ 2018.

Alors Madame Lagarde, un peu de compoction. Derrière les chiffres, il y a aussi des hommes.Qui plus est, qui consomment.