Vos journaux et médias sont pleins de commentaires, plus ou moins alarmants, sur la pénurie de médicaments dans vos officines. On a pu constater en effet un accroissement du nombre de médicaments en rupture de stock, 300 environs, et un accroissement de la durée de cette rupture qui peut aller jusqu’à 3 jours. Nos médias en profitent pour nous expliquer le fonctionnement de la distribution des médicaments et épingler les laboratoires pharmaceutiques assoiffés de profits et ces intermédiaires dont vous ne connaissiez peut-être pas l’existence, les grossistes répartiteurs.

 Bien sur vous ne risquez pas la mort tous les jours du fait de l’absence de tel ou tel médicament dans votre officine et il suffit parfois  d’aller voir l’officine voisine, - qui n’a pas nécessairement contrat avec le même grossiste-, pour être dépanné. Il n’en reste pas moins que c’est un gène pour le malade et que suivre l’évolution du problème est une nécessité. De là à parler des tickets de rationnement de la seconde guerre mondiale comme je l’ai entendu, il y a un pas que je ne franchirais personnellement pas.

Le jeu suivant, bien français, consiste à trouver le coupable à stigmatiser, si possible avec une forte connotation de lutte anticapitalistique.  Ils sont plusieurs à prétendre à ce rôle de bouc émissaire, les laboratoires d’abord qui produisent et dont on nous dit qu’ils contingentent les grossistes pour les empêcher d’exporter (!!). Les grossistes répartiteurs qui sont au nombre de  7 en France, sont chargés d’approvisionner les pharmacies dans moins de 24 hrs à partir d’un stock qui doit recouvrir les 2/3 minimum de toutes les spécialités pharmaceutiques. Et apparemment une nouvelle sorte de grossistes appelés « short liners », circuit court en quelque sorte en français, qui semblent eux faire l’office de « sourceurs », ce métier nouveau qui consiste à trouver la meilleure (lisez moins chère) source d’approvisionnement dans le monde et vendre au plus offrant. Avec l’émergence des médicaments génériques fabriqués désormais  aux quatre coins du monde émergent, Israêl et Inde en particulier, ces sourceurs ont à la fois trouvés une place dans le système et y jouent les trouble fêtes.Canalblog 0001 001

Reste des acteurs majeurs qui sont les pouvoirs publics de tous les pays européens, qui eux fixent les prix des médicaments sur leurs marchés respectifs et bien sur sans concertation entre eux. Vous pouvez observer dans le tableau ci contre qui vous donne les prix dans deux pays voisins, l’Italie et la France, les larges différences que l’on peut y observer. Que croyez vous donc qu’il se passe sur le marché dont il faut rappeler qu‘il est désormais totalement libre ? Soient les laboratoires, soient les grossistes, traditionnels ou sourceurs, arbitrent en permanence à l’instant t, en fonction de la demande, de leurs quotas ou de leurs arrivages éventuels pour approvisionner les clients qui leur rapportent le plus.On peut ne pas aimer mais il faut alors trouver une alternative,-que l'on cherche toujours depusi ml'écroulemùent du communisme-, au capitalisme

Rajouter là dessus la transhumance des français durant l’été qui fait que la demande baisse dans les grandes villes et augmentent brutalement sur les côtes et vous comprenez mieux pourquoi cette question émerge à cette époque.

Que faudrait il donc faire pour éviter ces phénomènes ? A mon sens harmoniser les prix des différentes spécialités, qui sont tous contrôlés par les pouvoirs publics, entre tous les pays européens ou au moins entre pays limitrophes. Sinon nous assisterons toujours, comme pour les prix du tabac à ces siphonages transfrontaliers.

Le problème n’est pas nouveau, puisque depuis 2009 où la même situation s’était produite, l’Etat essaye de s’en occuper. Il a même déjà légiféré mais la disposition juridique prise pour régler le problème dans la loi de financement dela Sécurité Socialea été invalidée par le Conseil Constitutionnel ! Depuis il n’a pas reessayé…

Moralité le problème n’est pas près d’être réglé alors qu’il était évident dès le premier traité de Rome il y a 60 ans qu’il faudrait un jour harmoniser taxes et prix régulés. Nous en sommes encore très loin….