Aujourd'hui se joue l'avenir de la Grèce, mais aussi de la zone Euro et dans une certaine mesure du système d'échanges monétaires du monde. Tout cela parce que, en introduisant l'euro, nos hommes politiques se sont donné la possibilité pendant quelques décennies d'emprunter à pas cher sur le marché en s'abritant derrière deux ou trois pays vertueux dans leur gestion budgétaire, l'Allemagne, les Pays Bas, l'Autriche et peut être quelques autres. Ils avaient bien prévus, à la demande expresse de l'Allemagne, un garde fou à l'inconséquence de la gestion des politiques avec la limitation à 3pct du PIB des déficits budgétaire et à 60pct du même PIB de la dette, mais ils se sont empressés de l'oublier sous différents pretextes.Et ce même dans des périodes où il aurait été tout à fait possible d'emprunter moins et de moins faire ses fins de mois à coup d'emprunt sur le marché.On en est à se demander comment arriver à se rapprocher des 6 ou 8pct de déficit annuel en trois à cinq ans d'efforts difficiles, alors pensez, 3 pct tous les ans pendant 20 ans minimum pour rembourser nos dettes... !!! 

Ce qui fait que "quand la bise fut venu" comme aurait dit La Fontaine dans la cigale et la fourmi," nos hommes politiques se trouvèrent fort dépouvu"." Que faisiez vous quand l'été était là? Vous chantiez? Eh bien dansez maintenant" fut la réponse de la fourmi à la demande d'aide de la cigale.

Il a fallu une dizaine d'années seulement pour que la porte ouverte à l'endettement pas cher qu'a constitué l'Euro, se traduise, crise aidant, par la catastrophe vers laquelle nous courrons. De la faute de la Grèce certes qui en a été le plus mauvais élève en maquillant ses chiffres, mais de tous les pays européens qui se sont ainsi mis en position de surendettement.Pays dont nous sommes aussi, nous la France, l'un des très mauvais elèves. Car avec 1600/1700 milliards d'euros d'emprunts à rembourser, nous sommes pire que l'Espagne en pourcentage de dette par rapport à notre PIB et au delà de l'Italie en montant global de dette!

Priez donc tous les jours, français et françaises,pour que les fameux spéculateurs ne viennent pas commencer à faire la fine bouche pour répondre à nos demandes de prêts et mettez des cierges pour que les agences de notation restent encore quelque temps sympas avec la note de la France, car sinon c'est la catastrophe assurée. Il aurait fallu, pour que le systeme de l'Euro puisse fonctionner avec autant de pays à économies faibles et orthodoxies budgétaire douteuses dans la zone euro, qu'au moins les deux pays les plus forts économiquement, l'Allemagne et la France, se comportent de la même manière. L'Allemagne l'a fait, la France qui avait une longue histoire de non respect des rêgles et de dévaluation n'a pas su modifier sa culture et se monter à la hauteur de ses nouvelles responsabilités comme un des garants sérieux de la monnaie européenne.

Pour la défense de nos hommes politiques, c'est tout le systême démocratique qui est en cause car il pousse, dans l'approche qu'il a de la conquète du pouvoir ou de s'y maintenir, aux promesses inconséquentes et à la hausse permanente des dépenses et de la dette. Rajoutez y l'ignorance crasse des ressorts de l'économie chez nos compatriotes(c'est Michel Rocard qui l'a dit mais n'a rien fait pour améliorer les choses!), la culture de la lutte des classes, du salaud de patron et de l'assistanat débridé et vous comprendrez qu'il va être difficile de s'en sortir.

Pour l'instant en tous cas, croisons les doigts et espérons que pendant qu'on s'occupe de la Grèce, on continue à nous oublier. A suivre.....