Ce sont les Nations Unies qui font les estimations de croissance des populations à la surface du globe. Sa dernière estimation dont les résultats ont été largement publiés et sont restés dans la mémoire collective portait sur 9 milliards d'êtres humains à la surface de la planète en 2050. De 2050 à 2100, par contre, il était prévue que nous en restions à ces 9 milliards du fait d'une baisse attendue de la natalité de 2050 à 2100 au niveau du simple renouvellement des générations.Ce qui était un chiffre qui, bien que peu médiatisé, était encore plus important que celui de 2050 parce qu'il montrait que nous maitrisions le problème fondamental de la planète, l'accroissement sans controle de sa population 

Car les nombres clé dans ce processus de calcul des populations sont le taux de fertilité et le taux de mortalité et leur évolution tout au long de la période.Ces deux taux ont des effets rigoureusement inverse, la hausse du taux de fécondité se traduisant par une hausse des populations alors que c'est la baisse de la mortalité qui se traduit par une hausse. L'hypothèse faites par les Nations Unies dans cette première étude était que le taux de fécondité devait baisser régulièrement du fait de l'élevation du niveau de vie pour atteindre 2,02 en 2050. Il en résultait qu'au dela de 2050 la population mondiale ne devait plus croitre ce qui faisait que nous nous retrouvions en 2100 exactement au même niveau qu'en 2050 à 9 milliards d'individus.

Or les Nations Unies viennent de revoir leur prévisions en constatant que la baisse de la fécondité prévue n'était pas là, en particulier en Afrique et en Asie du Sud Est. La conséquence c'est que le nouveau taux de fécondité pris en compte pour 2050 est désormais de 2.17 ce qui a pour effet de réviser le chiffre de population prévu en 2050 de 156 millions de personnes à 9 156 000 000 de personnes. Plus grave ca veut dire aussi que la stabilisation des populations attendue sur la période 2050/2100 ne sera pas au rendez vous et que nous nous retrouverons en 2100...10 milliards d'individus soit 1milliards de plus qu'initialement prévus.

Dans certains pays d'Afrique comme le Tchad, le Kenya ou le Nigéria la baisse de la fertilité est même en train de s'inverser. Et quant à l'espoir de voir cette natalité décroitre en Inde par exemple, il est repoussé d'une ou deux générations. Et comme la politique, radicale, de l'enfant unique, essayée en Chine se traduit par plus d'inconvénients que d'avantages( masculinisation des jeunes populations, problème des retraites), on se demande comment faire pour ralentir cette croissance folle.

Seule piste proposée par les Nations Unies, les programmes de proximité de santé reproductive,de pédiatrie et de planning familial tels qu'ils ont été essayés au Bangladesh et au Ghana. Ils n'ont pas d'effets spectaculaires mais permettent néanmoins de"gagner" un enfant en moins par femme sans compter l'amélioration des revenus des ménages(40 pct au Bangladesh) de l'accés à l'eau et à la scolarisation.

Alors messieurs les politiques et les médias, quand allez vous vous intêresser à ces vrais problèmes concrets qui conditionnent l'avenir de l'humanité?