Nos médias nous ont annoncé, sans grands commentaires, le blocage du point d'indice sur lequel est basé le salaire des fonctionnaires. Une mesure qui, en d'autres temps, aurait jeté dans les rue des millions des fonctionnaires. Il me semble qu'un tel evènement aurait du susciter de la part de nos journalistes plus que la simple répétition du communiqué de presses des pourvoirs publics ou de tel ou tel syndicat. C'eut été une justification de leur utilité que de ne pas rester à la surface des choses et d'essayer de bous expliquer la pourquoi du comment d'une tel phénomène extraordinaire, le blocage des salaires de la fonction publique et l'absence de grève générale immédiate avec manifestations de masse. 

Je ne suis pas un expert du système de rémunération des fonctionnaires, mais j'ai cherché içi ou là quelques éléments pour exliquer cette absence de réaction d'autant plus incompréhensible que dans le même temps on nous annonce la diminution constante des effectifs selon le principe du un fonctionnaire remplacé pour deux partis en retraite.En voiçi quelques uns:

Toiut d'abord malgré le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, la masse salariale des rémunérations verseés augmente néanmoins! C'est ce que dit du moins la Cour des Comptes qui constate que malgré les suppressions de postes cetter masse salariale augmente de 1pct tous les ans.En 2009, elle a été supérieure de 500 millions à ce qui était prévu au budget et en 2010 de 532 millions. La faute, parait il, aux "retours catégoriels" cette redistribution aux fonctionnaires de la moitiée des économies liées aux 30 000 suppressions de postes. Des économies qui ont, sans doute, été trop largement estimées mais surtout encore plus largement redistribuées au ministère par ministère.Le mauvais elève de la classe? Le ministère de l'Intérieur qui a redistribué en salaire plus qu'il n'en a économisé!


J'avais eu l'occasion de vous expliquer qu'il n'y a aucune économie dans la politique du Un sur Deux que l'on nous présente comme une amélioration sensible de la maitrise des dépenses de l'Etat (la masse salariale représente 31 pct du budget de l'Etat!).pour la bonne raison que les deux fonctionnaires que vous mettez à la retraite continuent à émarger à 75 pct de leur salaire précédent et que 25pct d'économie sur 2 salaires à 3000 euros/mois font exactement la même chose que le salaire de 1500 euros du nouveau fonctionnaire embauché.Ce n'est donc pas comme ca que l'on maitrisera les dépenses de l'état surtout si en plus on en redistribue l'économie 

Autre élément d'information, les grilles salariales qui gèrent la fonction publique sont en cours de révision, à la hausse bien entendu. C'est déjà fait pour les catégories C, c'est en cours pour les catégories B et c'est programmé pour les catégories A. Egalement, on vient de créer ce qui une "prime de performance", baptisée fonction résultat, qui prendra effet pour la première fois au 1er Janvier 2012 et qui permettra à 160 00 fonctionnaires d'augmenter leur traitement de 25 pct en moyenne.

Enfin, cerise sur le gateau,vous bénéficiez si vous êtes fonctionnaire d'une garantie individuelle du pouvoir d'achat, Gipa,crée en 2008 qui vous assure, en cas de blocage des salaires, d'avoir vous même à titre personnel une augmentation égale à l'inflation. Un "bouclier inflation" en quelque sorte !

Rajoutez par la dessus l'impact du système d'avancement, le GVT, qui aura permis depuis 5 ans d'augmenter la rémunération des agents de l'état de 3pct en moyenne et vous comprendrez que, même avec le blocage du point d'indice, il n'y a pas de quoi descendre dans la rue.

D'autant plus que d'après les statistiques de l'Insee, les salaires du secteur public sont plus élevés pour les employés et ouvriers dans le public que dans le privé (1585 € contre 1487 en moyenne), équivalents pour les salaires moyens et, c'est vrai,un peu inférieurs pour les diplomés de l'enseignement supérieur ( 4083 € dans le privé contre 3707 dans le public hors les enseignants qui sont une catégorie sans équivalent dans le privé). L'idée, largement répandu, que les salaires sont moindre dans le public que dans le privé n'est donc pas, ou plus,  vrai, en particulier pour les bas salaires.

Je ne pretend pas à l'exhaustivité mais voiçi ce qu'un journaliste moyen aurait pu, sans trop se fatiguer, apporter comme explication au calme des salariés de la fonction publique à l'annonce du blocage de leur point d'indice.C'est un comportement de nos médias que j'appelle l'effet Cyrano de Bergerac. Vous vous souvenez la réplique de la tirade du nez au commentaire malveillant d'un interlocuteur de Cyrano sur la longueur de son nez: "Quoi c'est tout, monsieur? Vous auriez pu dire bien des choses sans doute ....etc". Nos médias préferent en rester à la surface des choses