Dernier problème que la catastrophe de Fukushima va faire réméerger, celui du "Qui va payer", crucial il faut bien le reconnaitre.

Les sociétés exploitant des centrales, comme les exploitants de n'importe quelle société, portent une responsabilité civile vis à vis des utilisateurs de leurs produits et vis à vis des populations, en particulier celles vivants aux alentours des leurs installations industrielle,pour couvrir les accidents pouvant résulter de la mauvaise gestion de ces installations.Toutes les sociétés, de ce fait, sont assurées voire réassurées (l'assurance des assureurs).Encore faut il que ces sociétés exploitantes puisse se voir reprocher un défaut d'exploitation de leur fait, ce qui n'est vraisembablement pas le cas à Fukushima où c'est le tsunami qui a littéralement tué la centrale en en détruisant le système de refroidissement du coeur à partir de pompage en eau de mer.

Nous laisserons les juristes pour les dix ou vingt à venir en discuter dans le cas de Fukushima.Il n'est pas inutile néanmoins, pour les cas d'incidents plus mineurs, d'examiner comment est assuré la responsabilité civile des exploitants de  centrales.

C'est une Convention Internationale, la Convention de Paris, qui depuis 1965 encadre les responsabilités des exploitants et des états.Elle a été revue en 2004 justement pour remettre à jour et sévériser considérablement le montant maximal à la charge de la société exploitante au niveau de 700 millions d'Euros par centrale. La France a signé cette amendement à la Convention de Paris mais ne l'a pas encore transcrit en droit Français car elle attend pour le faire que tous les pays signatures l'appliquent! Si ces autres pays font comme nous, on peut tourner en rond longtemps comme ça. Et comme c'est nous la puissance nucléaire la plus importante au monde, il n'y a pas lieu d'être particulièrement fier.

EDF n'est ainsi responsable civilement de ses activités qu'à hauteur de ...91 millions d'euros pour l'instant.En Allemagne les exploitants sont responsables sans limite et se garantissent mutuellement mais...leur garantie financière se limite à 2500 millions d'Euros! Au Japon qui est le cas qui nous intéresse, la responsabilité civile maximale de l'exploitant, Tepco en l'occurence pour Fukushima se monte à 1000 millions d'euros.

Des chiffres qui sont ridicules par rapport aux dégats occasionnés.Oui mais n'oublions pas qui ne s'agit que des dégats occasionnés par leur gestion propre de la centrale qui, pour l'instant, n'a pas été mise en cause dans la catastrophe. Tepco faitparti, d'ailleurs, des victimes du tremblement de terre et surtout du tsunami qui a détruit son outil de travail alors que celui ci repondait, en principe, aux normes édictées et vérifiées régulièrement par l'Etat japonais. Il n'est pas sur d'ailleurs que, à la suite de cette catastrophe, Tepco ne dépose pas son bilan.

Je vous vois venir, me direz vous, vous allez me dire que personne n'est responsable. Pas tout à fait, mais d'après la Convention de Paris, au dela des 91 millions d'euros(pour EDF),des 1000 millions d'euros (pour Tepco) ou des 2500 millions d'euros, pour l'ensemble des exploitants allemands, ce sont les Etats et donc les contribuables, qui doivent payer les dégats.

Or, savez vous qu'elle a été l'estimation faite par la Biélorussie de l'ensemble des dégats, y compris ceux de santé, liés à Tchernobyl?  235 milliards de dollars !!!!      

Pauvres habitants japonais du nord du Japon. Ils ne sont pas prèt d'être indemnisés...