On a pendant des années, en France, dans le secteur public, favorisé les moyens de production au détriment réseaux de distribution. Ca a été le cas pour la distribution de l'électricité ou de celle de gaz, voire pour les réseaux ferrés ou de télécom.Que de fois n' a t on essayé de nous convaincre, lors de l'ouverture des marchés énergétiques européens à la demande de l'Europe soucieuse de concurrence, qu'il était essentiel pour la sécurité de l'approvisionnement des français de maintenir l'exploitation conjointe des réseaux et des moyens de production?

Nos collègues allemands tenaient le même discours alors que l'organisation de la distribution électrique dans leur pays prouvait exactement le contraire avec quatre sociétés majeures et autant de réseaux de distribution. Quant aux anglais, ce sont eux qui, les premiers séparèrent les réseaux et ce qui passent sur ou dans ces réseaux, à l'occasion de la privatisation des chemins de fer britannique. La privatisation elle même ne fut pas un grand succès mais elle prouva ce qui nous paraissait à nous français impensable, que l'on pouvait séparer les deux fonctions.

Le principe de l'unicité production/distribution dans le domaine électrique tomba pour de basses raisons fiscales quand, en Allemagne, les producteurs et E.ON en particulier durent céder aux pressions bruxelloises pour régler un problème de pénalité pour entente. La France se retrouvait seule pour défendre ce principe. Une défense qui ressemblait d'ailleurs plus à la défense du monopole d'EDF et derrière le monopole, du statut des personnels.

Une dizaine d'année plus tard, expansion européenne aidant, on s'apercoit que nos énergéticiens ont fait leur deuil des réseaux,- tout en les conservant néanmoins par manque de courage de nos gouvernants-,au profit de leur expansion en dehors de nos frontières dans...la production. C'est ainsi que EDF après avoir racheté les actifs de British Energy, s'est empressé pour se désendetter de revendre le réseau au Chinois de Hong Kong Li Ka Shing. De la même manière, l'allemand E.ON vient de revendre également son réseau britannique après appel d'offre à l'américain Pennsylvania Power and Light, PPL,pour 4.7 milliards d'euros.

Ce que les acheteurs apprécient dans le rachat de telles infrastructures, c'est la regularité des revenus et leur previsibilité. Exactement ce qu'ont apprécié les sociétés de BTP françaises quand elles ont rachetés à l'Etat nos autoroutes et leurs péages réguliers.

On s'est aperçu également que, dans nos mastodontes intégrés types EDF, SNCF ou GDF,c'était toujours la production qui prenait le pas sur la distribution quand ils s'agissait de répartir les investissements entre les différentes branches de la société. Problème d'ego des dirigeants probablement.C'est ainsi que notre réseau ferré est dans un état déplorable, quie celui du gaz aurait peut être pu bénéficié plus tôt de conduites de meilleure qualité, que celui de l'électricité n'était pas terrible non plu et que les clients des télécoms en passant à la concurrence ont vu disparaitre le péage de France télécom.

On s'est aperçu également que la possession ou l'exploitation des résaux était une arme considérable pour... empécher la concurrence de s'exercer, ce que nous disait Bruxelles à l'origine de cette histoire. Les réseaux de gaz, d'électricité et ferré en France restent la propriété ou sont toujours opérés par l'opérateur historique.

Moralité:Nous nous étions trompés sur ce dont il est important que la propriété soit régalienne. Ce ne sont pas les usines de production, ce sont les réseaux de distribution...

NB Les sociétés privés en sont bien conscientes également qui adopte le même comportement, par exemple pour les réseaux téléphoniques ou mieux encore le déploiement de la fibre optique