Vous connaissez le CO2, ce gaz que nous mêmes, humains,rejetons dans l'atmosphère à chaque respîration, et qui est vraisemblablement responsable du réchauffement climatique. Vous connaissez moins le SO2, un autre gaz encore plus désagréable puisque lui est dangereux pour l'homme,qui découle des émissions de composés solides ou liquides qui contiennent du soufre lors de leur combustion et dont nous avions réussi à maitriser les émissions dans les années 90.A_125

Dans les années 60/70, c'etait le chauffage au charbon, très courant alors, et les émissions des voitures à l'échappement qui en produisaient. Le charbon est un matériau assez fortement chargé en soufre, de 2 à 5 pct, et le pétrole lui même en contient suivant les bruts de 0.5 à 3pct que l'on retrouvait dans l'essence, la gasoil, le fioul domestique et encore plus les fiouls lourds.Les grandes villes du monde et en particulier Londres et Los Angeles se sont retrouvées confrontées au phénomène du "smog", ce brouillard épais qui, dans certaines conditions climatiques et configurations de ville, pouvait rester plusieurs jours au dessus d'une ville.Or le dioxyde de Soufre, SO2, présent dans ce brouillard est très aggressif pour les bronches et se transforme en acide sulfurique, H2SO4 au contact de l'humidité.

Le pire épisode de cette période a été le smog de décembre 1957 sur Londres qui a duré cinq jours et a provoqué la mort de 4000 personnes.

A la suite de ces accidents graves sont apparus en Europe et aux Etats Unis des "Clean air acts", les législations pour maitriser ces émissions qui se sont traduits par la désulfuration des produits pétroliers.Par ailleurs, le chauffage au charbon diminua considérablement sur cette période.C'est ainsi qu'on réussit à stabiliser ces émissions dans les années 60 puis à les faire regresser significativement à partir des années 90.

Au delà de la toxicité humaines, le SO2 avait un impact important sur les forêts qu'il aggressait sous la forme de pluies acides qui pouvaient voyager sur de très longues distances et même traverser l'Atlantique;

Pourquoi vous dis je que le SO2 est de retour. A cause de l'utilisation dans les pays émergents et en particulier en Chine pour alimenter leur croissance de centrales électriques au charbon. le charbon est en effet largement répandu à la surface du globe, relativement peu couteux, et surtout ne consomme pas de devises.La courbe ci contre montre que la croissance des émissions de SO2 en Chine corrèle parfaitement avec la croissance économique du pays.Ses émissions qui ne représentaient que 2 cpt des émissions mondiales en 1950 en représentent actuellement 28pct.

Les voyageurs qui sont allés à Pekin en particulier nous ont rapportés que la ville est entourée de centrales à charbon et de fumées qui en émanent.Récemment, l'air de la ville a atteint le niveau 5 le plus élevé de pollution.Les couts de santé liés à la pollution de l'air en Chine sont estimés à 3.8pct de son PIB;

Autre source d'émission de S02, le transport maritimequi utilise du fioul lourd à forte teneur en soufre dans les moteurs de bateaux.Un transport maritime qui s'est également beaucoup développé ces dernières années;

Bref, après le CO2 ou plutot en même temps, il va falloir s'occuper du SO2. La Chine est en train de prendre le virage du nucléaire mais il n'est pas possible de fermer les centrales au charbon. Quant à désulfurer, le charbon ce sera difficile et coûteux. Absorber le SO2 en sortie des cheminées est sans doute le procédé le plus simple et le moins coûteux. Quant au transport maritime,il s'est engagé par l'intermédiaire de l'Organisation Maritime Internationale,OMI, à réduire considérablement ses émissions dans les années à venir. Mais avec une durée de vie moyenne d'une benne trentaine d'années pour un porte conteneur, ca prendra du temps. 

Seul "avantage" si l'on peut dire du SO2 sur le C02, il bloque les rayons du soleil et est donc un facteur de refroidissement de l'atmosphère. Il s'élimine également de l'atmosphère plus vite que le CO2 mas en retombant sous forme d'acide sulfurique sur la région environnante. Alors...

A suivre ...