Comment peut-on se mettre en grève alors que les insuffisances du système juridique (et peut être policier) ont conduit au meurtre d’une innocente  jeune femme par un violeur remis en liberté sans surveillance ?

Et comment peut on critiquer le président élu des français de s’en scandaliser comme la majorité des français ? Il est vrai que la magistrature est censée rendre la justice au nom du peuple français mais ne devrait elle pas respecter d’autant plus la légitimité d’un élu,- qui plus est par l’ensemble du peuple français-, face à celle d’un corps constitué qui a tout de même un peu tendance à s’autoproclamer au dessus des lois en oubliant un peu d’où provient justement cette légitimité ?

Tout ceci pour dire que je trouve indécente cette grève, dans ces circonstances, et que c’est faire peu de cas de la victime que de vouloir faire payer à d’autres, les justiciables pris en otage, les insuffisances graves d’un système dont je n’ai pas l’impression qu’il ait été particulièrement inventif à proposer des propositions de réformes

Je comprends que les conditions de travail des magistrats et de leurs greffes ne soient pas optimales, comme elles ne le sont pas, d’ailleurs, en beaucoup d’endroit des organisations publiques ou privées dans le monde. Je suis par contre toujours surpris qu’à l’époque du traitement de texte, de la mise en mémoire quasi automatique des documents, de l’archivage informatisée sans limite de stockage, qu'on en soit encore à nous montrer des photos de greffes croulant sous le papier et les dossiers. Est ce à dire que nulle part dans le monde, il n’existe de système judiciaire moderne, avec des juges qui tapent eux mêmes leurs documents, des pièces numérisées  (par Google !) et classées avec le minimum d’intervention humaine ? Et des systèmes de rappel automatiques des dates d’échéances critiques ?

Peut être est ce que je me trompe et que ce système de gestion des documents et actes n’existe pas. Il m’étonnerait néanmoins que l’on en soit encore partout dans le monde au 19ème siècle de la gestion des flux de documents. Il n’y a pas que l’augmentation des effectifs, n’en déplaise à nos syndicats, qui soit la réponse à tout !

Quant à l’indécence de cette grève, nos magistrats auraient pu l’éviter et regagner ainsi l’acceptation de leur attitude  par le peuple français, en faisant grève, comme je le leur suggère, à la japonaise, en continuant à travailler avec un brassard noir au bras. Dans ces circonstances, il me semble que ça aurait été une action appropriée...