Nous sommes dans un monde politique où l’on n’ose plus appeler un chat un chat de peur d’y perdre quelques voies aux prochaines élections. Il est vrai que la surmédiatisation et la lutte féroce que se livrent les politiciens et leurs partis pour le sein Graal, le pouvoir, est telle qu’un seul mot malheureux peut faire basculer les deux ou trois pour cent de votants qui font l’élection d’un coté vers l’autre. D’où la stérilisation considérable du débat politico-médiatique auquel nous assistons.

Le summum de précaution pris à nous faire comprendre qu’aucune augmentation des impôts n’avait été faite pour 2011 et que le pouvoir en place n’avait fait que du rabotage de niches fiscales en est un exemple typique.

Or nous allons avoir besoin pour tenir nos engagements de maîtrise du déficit pour le budget 2012, année des élections, de trouver des ressources fiscales nouvelles pour un montant d’une quarantaine de milliards d’euros pour ramener notre déficit à 4.6pct de notre produit intérieur brut. Il y aurait bien sur la possibilité de réduire le coût de notre administration nationale et territoriale au strict minimum, mais ca heurte la culture interventionniste de l’Etat français et l’égo de nos politiques. Et puis il y a 5.6 millions de fonctionnaires qui votent !

Le Royaume Uni nous montre la voie pour sortir de ce cruel dilemme. Ils viennent de porter brutalement leur taux de TVA de 17.5pct à ...20pct! 2.5 pct d’augmentation d’un coup, excusez du peu. La TVA à ce taux devrait rapporter au trésor britannique 15 milliards d’euros. C’est donc la décision la plus simple à prendre et à mettre en oeuvre pour un gouvernement qu’une telle augmentation  et c’est celle qui présente l’efficacité maximale. Pourquoi faire compliqué en rabotant, içi et là, des tas de niches fiscales quand on peut faire simple, semble nous dire le pragmatisme britannique.

Il y a des conséquences sur l’économie d’une telle décision. Elle va forcement impacter la consommation et ralentir la croissance. Mais là aussi comme l’a montré le cas de l’Allemagne, on ne retrouve pas la totalité de la ponction fiscale effectuée  dans les prix au consommateur. Parce que pour conserver leur niveau de vente en volume tous les acteurs de la chaine, du fabricant au distributeur se serrent un peu la ceinture pour atténuer autant que faire se peut l’impact sur le client final. En plus, elle est socialement assez facilement acceptéeA_109

Le Portugual, la Lettonie et la Slovaquie l’ont fait également  au 1er janvier 2011. Auparavant, en 2010, ca avait été le tour de l’Islande, la Grèce, l’Espagne et la Roumanie. En remontant encore plus haut ce fut même le tour de l’Allemagne mais pour une raison différente, l’addition d’un pourcentage de TVA sociale à la TVA classique pour protéger son industrie de la concurrence d’importations à bas prix d’Asie du Sud-Est et faire participer ainsi les importateurs au financement de la politique sociale du pays. En dehors d’Europe, même le Japon qui bénéficie d’une TVA à 5pct annonce qu’il va l’augmenter.

Or nous sommes désormais en Europe le 14ème pays dans un classement par taux de TVA et encore pratiquons nous plus lourdement que les autres pays les taux réduits, restauration oblige. C’est simple, la TVA ne constitue que 17pct des prélèvements fiscaux et sociaux en France contre 20pct dans les autres pays et d’après l’OCDE si nous appliquions le taux normal à toute la consommation, elle devrait rapporter le double.

Pourquoi ne pas avoir fait un tel choix en France pour 2011? Par respect de la parole donnée, notre Président jugeant qu’il doit tenir ses promesses électorales, même si elles étaient absurdes, ce qui est tout à son honneur. L’embétant c’est que les faits sont têtus et qu’au delà de 2011 il faudra donc en remettre une couche alors que la possibilité de raboter les niches aura disparue.Le gouvernement le sait et nul doute qu’il ne pense déjà à une future augmentation de TVA pour le budget 2012. Reste à travailler le timing et la communication. Comme indiqué en titre il suffira de considérer la TVA comme une niche fiscale !