J'ai eu maintes fois l'occasion dans ce blog de vous expliquer les manipulations multiples auxquelles nos hommes politiques d'abord, puis les dirigeants des deux entreprises résultantes, RFF et SCNF, et les médias qui comme d'habitude répétent plutôt que de réfléchir, nous ont soumis dans la longue saga du ferroviaire à la française.Nous approchons effectivement de la fin de la manipulation politico-médiatique auquel nous sommes soumis depuis longtemps.

Comme d'habitude l'erreur est originelle. Elle a résulté devant une SNCF qui perdait tous les ans de l'argent et arrivait au bout de ses capacités d'emprunt, à séparer la société en deux. D'un coté le réseau appellé RFF, Réseaux Ferrés de France, à qui ont a confié la propriété d'un réseau ferroviaire déjà dans un état d'usure avancé et surtout les 23 milliards d'euros de dettes en provenance de l'ex SCNF(qui ne venaient pas nécessairement du réseau lui même) et la SNCF nouvelle allégée de ses dettes et dont on attendait après cela qu'elle vole de bénéfices en bénéfices. L'une, RFF, qui, tous les ans et aux frais du contribuable, a la charge de boucher les trous et dont on ne vous parlerait pas. L'autre, la SNCF nouvelle, très présente médiatiquement pour des résultats que l'on imaginait brillant. Entre les deux, la redevance pour l'utilisation du réseau payée par la SNCF à RFF, celle pour l'entretien normal de ce réseau payée par RFF à la SNCF et fixées l'une comme l'autre par les pouvoirs publics quasiment à parité de sorte que la SNCF payait en nature en quelque sorte via son entretien, l'utilisation d'un réseau ferré très vaste qui représentait une valeur patrimoniale considérable.

Rajoutez la dessus la construction très couteuse du réseau de TGV et vous comprenez que ce beau montage ne pouvait perdurer que si la SNCF gagnait véritablement de l'argent sur l'exploitation quasi gratuite de ce réseau.Ce ne fut malheureusement pas le cas entre les problèmes sociaux considérables de l'entreprise,son incapacité à redresser l'activité fret, sa politique commerciale "sociale" pour remplir les trains avec des billets à tout petit prix , ses investissements à l'extérieur de la SNCF dans le transport terrestre,le ferroviaire allemand, etc etc. Or les faits sont tétus et l'absence de courage de nos hommes politiques pour faire face à l'absence de compétivité de la SNCF initale, arrivent à leur terme. C'est l'impécuniosité brutale de l'Etat qui empèche maintenant de continuer à boucher les trous de RFF ( 29 milliards aux jours d'aujourd'hui et ceux de la SNCF(montés à 9 milliards entre temps).

Il ne reste qu'une solution à un état financièrement exsangue, faire payer un prix plus elevé aux péages pour utilisation du réseau par la SNCF, d'autant plus qu'avec l'ouverture à la concurrence intraeuropéenne, le prix appliqué pour ce passage s'appliquera aussi bien à la SNCF qu'à la Deutsche Bahn ou à Trenitalia. Pourquoi donc faudrait il que ce soit la veuve de Carpentras qui paye pour l'homme d'affaire de Duisbourg ou la famille de Rome qui vient voir ses cousins à Paris?

Or d'un coté le réseau a besoin d'un sérieux coup de pouce pour le réhabiliter et on s'est lancé dans son extension pour cause, entre autres, environnementale.De l'autre la SNCF n'a qu'une vache à lait, le TGV, avec des liaisons régionales qui ne rapportent rien, un fret toujours dans le rouge,un surcout élevé de la reforme récente des retraites, et désormais approchant à grand pas un besoin de renouvellement considérable de la flotte de TGV.

Le péage actuel représente 30 pct environ du billet TGV Paris Lyon en dégageant, parait il, une marge de 18 pct dont on ne vous dit pas si elle est brute (sans le cout du commercial, des directions, des frais généraux, des retraites etc) ou nette et surtout pas sur quel prix de billet elle s'applique(1ere classe ou Prem's, ou un mix). RFF souhaiterait monter son péage jusqu'à ce qu'il représente 40 pct minimum , voire 50, du prix du billet.

Le nouveau Ministre des Transports, Thierry Mariani, s'aperçoit, après avoir participé depuis 20 ans au moins à la mascarade( du mot masquer) "qu'on a un vrai problème, pour maintenir l'investissement,réduire les couts d'entretien et améliorer la coopération RFF/SNCF.L'augmentation des péages ne suffira pas à regler le problème d'endettement de RFF.Il faut une " vrai reflexion dans les deux /trois ans( ndlr:quand je ne serais plus là) sinon nous aurons un vrai problème...en 2020!). Un concentré de langue de bois( bullshitting en anglais et en plus cru).

Seul élement réaliste. la SNCF qui a (enfin) compris qu'elle allait devoir y passer, reconnait soudainement que "l'entreprise a 4 à 5 milliards de dettes en trop sur les épaules". Seulement? On va donc mettre en place un plan d'économies. Mais raisonnable néanmoins, 4 milliards d'içi 2015, histoire de montrer sa bonne volonté! Rationalisation des Achats,Maîtrise des charges de structure,Coup de frein à certains investissements,et la Dynamique d'amélioration de la marge opérationnelle sont les quatre leviers nouveaux(forcément avant ça n'existait pas si vous voulez de vrais économies) pour arriver en 2015 à ces 4 milliards d'économies.

On doit supprimer 1400 postes soit 0.9 pct des effectifs alors que sur les années précédentes et sans maitriser les dépenses on avait fait mieux avec 1.2 et 2.6 pct.

On va voir ce qu'on va voir. N'en déplaise à Monsieur le nouveau Ministre, on a un vrai problème et tout de suite dont je crois qu'une fois de plus, ce sera le contribuable qui en fera les frais