Autre avatar de l'écologie, le "Grenelle de l'environnement", grand oeuvre de Borloo, de NKM, Nathalie Kosciusco Morizet, et de Nicolas Sarkozy lui même vient d'être un peu "démoli" par une étude du Trésor réalisée par pas moins de 6 économistes.A l'époque où le Grenelle avait été négocié, entériné et finalement présenté officiellement comme la bible enrvironnementale du quinquennat,une autre étude, faite par le Boston consulting group avait évalué que le nombre d'emplois nouveaux que l'on pouvait attendre des 15 programmes décidés dans le cadre du Grenelle allaient se monter à environ 600 000 emplois d'içi 2015/2020 pour des investissements de l'ordre de 450 milliards financés par l'Etat, les collectivités locales et les particuliers. Les dit investissements, essentiellement dans le batiment et les transports,devaient se traduire par une baisse de 25pct(!!) de la consommation d'énergie thermique et de 40 pct des émissions de CO2(!).

Or le Trésor et ses économistes, eux,ne trouvent que de 200 à 250 000 emplois au plus vers 2014, toujours pour 450 milliards d'euros d'investissements fait pour un tiers par les particuliers, un tiers par l'Etat et les administrations publiques et un tiers par les entreprises.Investissements qui, hypothèse très favorable, ne viendraient pas affecter ni la consommation des ménages ni d'autres investissements des entreprises.Le surcroit d'activité, dans le cadre de ces hypothèses, serait de l'ordre de 30 000 emplois par an et 0.4 à 0.5 de PIB soit 200 à 250 000 emplois sur la période globale.A_101

Hélas, le Trésor prévoit, lui, un retour de baton à partir de 2020, en ce sens que l'argent investi devant être un jour remboursé, la charge de ce remboursement, par les particuliers, l'Etat ou les entreprises, affectera l'emploi et le PIB de 2020 à 2050! Globalement, il ne se passera pas donc grand chose, le surcroit d'activité de 2008/2020 étant compensé par une baisse de 2020 à 2050.

En tant que praticien de ce genre de calcul en entreprise, il est une hypothèse en laquelle je ne crois pas, c'est que les entreprises, particuliers et même l'Etat fasse ces investissements supplémentaires, surtout pour de telles masses d'investissements, sans rogner en compensation sur d'autres investissements. Je ne crois pas du tout non plus aux 25 pct de réduction de consommation d'énergie et aux 40 pct de réduction d'émissions de CO2. Si l'impact était tel, on l'aurait fait depuis longtemps, au moins dans les entreprises et partiellement chez les particuliers. Pour l'Etat par contre qui, lui, n'est pas attentif à la rentabilité ni à la maitrise des charges d'exploitation, il me parait très douteux qu'il aurait pu se mobiliser naturellement pour le faire.

Des conclusions pas brillantes donc pour ce programme phare du gouvernement. Pourquoi une telle différence d'évaluation entre les deux groupes d'experts? Peut être parce que,manipulation très courante, on avait donné d'avance la tonalité du rapport final que devait faire le Boston Consulting Group?Tandis que pour le Trésor...Peut être aussi parce que les jeunes "data crunchers"( bouffeurs de données) frais émoulus de nos écoles de management qui font ce genre de travaux dans les société de Consulting,  manquent de recul industriel pour appréhender ce qui est réaliste ou pas et sont plus attentif à la "voix de leur maître" qu'à la réalité industrielle. Peut être aussi parce que des avocats de formation comme Messieurs Borloo et Sarkozy ne percoivent pas instinctivement ce qui est vraisemblable ou ne l'est pas.

Je ne sais, mais j'ai personnellement de la peine à croire que ces investissements supplémentaires puisse se faire en surplus absolu par rapport aux programmes normaux d'investissements...