C'est du moins ce qu'il ressort du premier rapport réalisé par le services de Bercy sur cette création récente du secrétaire d'Etat aux PME Hervé Novelli.

Rappellons qu'il s'agit d'un statut juridique qui permet à tout un chacun de s'installer comme entrepreneur indépendant sans avoir à subir les affres de la création d'une entreprise  et surtout de devoir commencer à payer des impots avant même que le premier euro soit rentré dans la caisse. Car c'est ainsi que ca se passe quand vous créez une entreprise classique, l'Etat, les charges sociales, les juristes ou les comptables prélèvent leur dîme avant même que le premier client vous ait payé.

Le statut a eu un succès rapide et immédiat, supérieur même aux attentes,sans doute aidé par le fort taux de chomage que nous connaissons mais pas seulement comme nous le verrons.Il est devenu un fait de société et un recours pour tout ceux qui veulent tenter leur chance individuellement.Deux ans après, reste à savoir ce que sont devenus ces autoentrepreneurs, si leur entreprise a répondu à leurs attentes et leur a donné des moyens de vivre. C'est ce que tente de faire ce rapport.A_089

Tout d'abord il y a eu dans la seule année 2009 pas moins de 322 000 autoentreprises crées qui sont d'ailleurs devenus 500 000 à ce jour. Un succès incontestable donc.Un tiers l'ont été dans le domaine de l'artisanat, un autre tiers dans le domaine du commerce et le troisième tiers dans le domaine des professions libérales, conseil en toute sorte de domaine.

D'où venaient ils? A 70 pct du salariat. Des personnes sans doute insatisfaites de leurs condition sociale et qui veulent tenter leur chance à leur compte sans patron pour les commander mais en évitant le repoussoir de la complexité administrative et fiscale. De ce point de vue le statut a réellement atteint son but et largement au delà. Il a bien mis en évidence que si on veut libérer les enthousiasmes et le désir d'entreprendre de nos concitoyens, il ne faut pas l'accabler comme l'a fait l'Etat depuis des décennies sous un administratif de plus en plus lourd au fur et à mesure des inventions de bataillons de fonctionnaires. Il a montré que la France ne manquait pas de créateurs, comme on nous le dit tous les jours, elle manque surtout d'une administration qui soit là pour les aider et pas les accabler. A ce titre là, c'est une excellente leçon.

20pct de ces créateurs étaient des chomeurs, bien moins que ce qu'il était attendu. Ceci montre que le statut n'a pas été un palliatif au chomage comme on nous l'a souvent dit. Et 10pct sont des retraités qui veulent continuer à travailler, par besoin pour certains ou par désir de se rendre utile.Les deux tiers sont des hommes et 55 pct ont moins de quarante ans. autre élement intéressant, les autoentrepreneurs sont plus nombreux et atteignent des chiffres d'affaires plus élevés en zone rurale plutot qu'en zone urbaine. D'un certaine manière, ils répondent aux besoins d'aménagement des territoires ruraux dont la France a besoin

Par contre du point de vue des revenus générés, ça n'a pas été le Pérou comme je le dis en titre.La moitié de ces autoentrepreneurs n'ont en effet pas déclaré de chiffre d'affaire du tout. Les 145 000 autres ont déclaré des chiffres d'affaires relativement faibles avec une moyenne de 6300 euros de revenus soit proche d'un demi SMIC. Attention néanmoins,le rapport porte sur la prémière année de création du dispositif.Sa montée en charge a été régulière mais quand on fait des moyennes, on prend en compte forcément les premiers "mauvais" mois. Même commentaire concernant le chiffre d'affaire. Quand vous créer une entreprise, pour recevoir votre première commande, il vous faudra au minimum trois mois  et compte tenu des délais de paiement votre premier chiffre d'affaire n'interviendra qu'au bout de six mois. D'une certaine manière le Chiffre d'affaire moyen enregistré est celui, au mieux du second semestre. Il est vraisemblable également qu'il y a un certaine sous déclaration des revenus perçus.

Globalement donc une grande réussite dont il faudra attendre confirmation l'année prochaine quand le nombre d'autoentreprises sera encore plus important, que l'effet moyenne sera atténué et que les chiffres d'affaires auront progressé. Seul problème, la sortie du système car il n'est pas censé durer éternellement et il faudra un jour que les autoentrepreneurs rentrent dans le système classique avec ses contraintes fiscales et administratives...