Dans notre monde d'aujourd'hui devenu attentif (en principe) au déséquilibre des bugets des Etats, peu de gens pensent que ces états arriveront à maitriser leurs mauvaises habitudes ancestrales et à, un jour, équilibrer leurs comptes recettes /dépenses années après années. Chaque pays européen a bati son plan de retour à  un moindre déficit des comptes publics qu'il a présenté publiquement et proposé à la Commssion européenne pour revenir au respect des engagements de Maastricht qui sont, je le rappelle, d'un déficit budgétaire annuel maximum de 3pct du PIB( Soit 15 à 20 pct de plus de dépenses que de recettes quand même !!) et d'un endettement maximum de 60 pct du Produit Intérieur Brut, PIB, du pays.

L'ennui c'est que pas grand monde ne croit à ces plans de retour à la maitrise des comptes, alors qu'il est impératif de convaincre les partenaires les plus difficiles à convaincre parce qu'ils risquent les sous de leurs mandants, les investisseurs. Même  la Commission Européenne a de la peine à les croire et les retoque régulièrement. Soit les efforts de réduction de dépenses sont jugés trop faibles, soit les hypothèses de croissance économique sont trop optimistes, soit les réformes structurelles les plus critiques, comme le réduction des dépenses de santé ou celle des régimes de retraite semble inatteignables.

Une bonne nouvelle dans ce paysage déprimant, le plan de réduction du déficit budgétaire de la Grèce marche ! Pour arriver à sortir du bourbier dans lequel elle s'était mis qui a failli emporter l'Euro, la Grèce a du rendre des mesures drastiques de réduction de ses dépenses, en particulier de réduction de certains avantages salariaux, et d'augmentation des recettes budgétaires dans un pays familier de l'évasion fiscale. Moyennant quoi il a obtenu l'octroi d'un prêt de 110 milliards d'Euros du FMI et des pays de l'Union Européenne.

La surprise c'est que d'après les derniers chiffres publiés par le Ministre des Finances grec ( du moins s'il n'a pas truandé les chiffres comme ses prédécesseurs), ca marche !!. Au premier trimestre 2010, la Grèce a vu son déficit budgétaure se réduire de 41 pct en passant de 19,68 à 11,45 milliards. Résultat de dépenses passées de 35,5 à 30,1 milliards d'euros et de recettes en hausse de 21,7 à 23,2 milliards! Au point que la Grèce se voit en bonne voie d'atteindre son objectif de 8pct du PIB de déficit à fin 2010 contre 14pct. A ce rythme la Grèce se voit comme un des seuls pays de l'Europe à pouvoir revenir dans les clous des 3pct de Pib de déficit en 2013.

Transmis à notre gouvernement qui vient de voir le Sénat, via sa commission des finances, manifester son incrédulité du plan gouvernemental de retour aux 3pct de déficit en 2013. Pour deux raisons, une croissance prévu à 2.5 pct par Christine Lagarde que les sénateurs ne voient pas dépasser les 2pct, ce qui surestime les recettes de 10 à 15 milliards d'euros,et une hypothèse d'une moindre hausse des dépenses des collectivités qui, d'après eux, ne repose sur rien. Sur la base des estimations du Sénat ce n'est pas 3pct de PIB de déficit qu'atteindra la France en 2013 mais 5pct....De quoi susciter des tensions chez les investisseurs qui continuent à nous prêter à 3,2pct pour rembourser nos emprunts précédents arrivés à échéance;

Pour équilibrer les comptes les sénateurs préconisent une hausse de la TVA réduite de 5,5 à 8pct et de la TVA normale de 19,6( un taux déja très élevé en Europe) à 20,6pct, un rabotage infinment plus conséquent des niches fiscales et ...un emprunt obligatoire pour les 10 pct de contribuables les plus élevés de 5pct de leur impot sur le revenu remboursable dans trois à cinq ans comme l'avait fait....Pierre Mauroy en son temps.

Des augmentations d'impots qui ne disent pas leur nom en quelque sorte. Y a t il en contrepartie des réductions de dépenses importantes de l'Etat et de ses services comme cela a été fait en Grèce? Pas vraiment, l'Etat, dont les représentants sont largement majoritaires à l'Assemblée Nationale et au Sénat, a toujours beaucoup de peine à concevoir qu'il pourrait bien réduire son train de vie.

Et pourtant ca marche comme viennent de le démontrer les grecs. Faudra t il attendre que les "spéculateurs", après la Grèce, le Portugal et l'Espagne, ne veuillent plus nous préter qu'à 6 ou 8 pct pour s'y intéresser? A moins qu'il ne faille attendre l'arrivée de DSK au pouvoir en 2012 pour appliquer à l'Etat français les recettes qu'il préconise aux autres pays en difficulté de par le monde...