Je vous signalais dans mon message du 12 juin la spécificité du subprime à l’espagnole et l’implication lourde des Caisses d’Epargne espagnole dans les excès de prêts inconsidérés qu’elles ont commis et qui ont conduit à la situation très difficile qu’elles connaissent en ce moment et que connaît l’Espagne avec la bulle de la dette privée.

De manière amusante, encore que le sujet ne s’y prête pas trop, sachez que l’une des Caisses d’Epargne impliquée dans ces excès, la Caja Sur, était dirigée par des hauts responsables de …l’Eglise Catholique et Romaine. La plupart des Caisses d’Epargnes espagnoles à leur origine furent constituées en effet à l’initiative des autorités religieuses dont on peut penser que c’était d’ailleurs une bonne idée d’aider le peuple espagnol à se constituer une épargne de sécurité.

Par la suite le clergé céda progressivement le contrôle de ces Caisses d’épargne aux autorités civiles et aux politiques qui en assumèrent la direction. Curieusement dans le cas de la Caja Sur qui opère depuis 1854 en Andalousie dans la zone de Cordoue, la hiérarchie catholique réussit à en conserver la direction, même après une fusion avec une autre caisse locale. C’était le père Santiago Gomez Sierra qui reportait à l’Evèque de Cordoue qui en était jusqu’à encore récemment le Président et Directeur Général et dont on rapporte qu’il en ouvrait les conseils d’administration au nom de Jésus Christ.

Depuis la Caisse a du être reprise en urgence par la Banque Centrale d’Espagne pour lui éviter la faillite. On s’aperçut à cette occasion que, comme dans les autres Caisses d’épargne, les pouvoirs politiques locaux avaient été des bénéficiaires importants des prêts généreusement accordés par « leur » Caisse. Pas moins de 106 millions d’euros sur les derniers 5 ans pour la Caja Sur.

C’st apparemment cette implication des politiques comme bénéficiaires de prêts des Caisses d’Epargne plus le fait que ces dernières n’avaient pas à rendre de compte à la Banque d’Espagne aussi poussés que les grandes banques qui, elles, ont évités le piège du subprime, qui ont fait que les pouvoirs publics ne se sont intéressés que tardivement au problème des Caisses d’Epargne.

Ce n’est plus le cas désormais et les 45 Caisses ont été sommées de renforcer leurs fonds propres et de fusionner avant un mois. Espérons que cette mesure suffira à désamorcer la bombe espagnole….