Je suis en ce moment en Espagne et donc vit de l’intérieur les problèmes économiques du pays. Après la Grèce et le Portugal, l’Espagne est le pays désormais sous les feux de la rampe pour son excédent  de dépenses par rapport à ses recettes. Pourtant si vous vous référez à mon message du 31 mai 2010 qui vous donnait les positions des pays européens en déficit et en dette globale par rapport à leur PIB, Produit Intérieur Brut, vous y verrez que l’Espagne n’est pas dans une position si désastreuse que ça.

Certes son déficit budgétaire est de l’ordre de 11.4pct soit bien plus que les 3pct autorisés par le traité de Maastricht mais son endettement global n’atteint que 55.2pct de son PIB soit nettement moins que celui de ….la France par exemple(77.6pct). Alors où est le problème ?

C’est que contrairement aux autres pays européens où c’est l‘endettement de l‘Etat qui est excessif, ce qui fait peur en Espagne c’est l’importance de la dette privée, celles des espagnols moyens, qui fait peur aux investisseurs et aux prêteurs potentiels. Comme aux Etats-Unis les pouvoirs publics ont mis en place une politique immobilière très dynamique, en particulier pour développer une des forces du pays, le tourisme. Cette politique s’est traduit par l’investissement des particuliers dans toutes sortes de logements à louer aux touristes et financé par l’emprunt.

Autre spécificité de l’Espagne, ce sont les caisses d’épargne, très nombreuses et actives, qui avaient une très forte position historique dans le marché des prêts aux particuliers, au détriment des grandes banques espagnoles (Santander, BBVA… etc) qui se sont au contraire développées avec un grand succès à l’étranger et sans se prendre les pieds dans le subprime à l’américaine. Sans doute le résultat de ce  peu d’appétence locale pour les prêts immobiliers.

Retour de bâton par contre, ces caisses d’épargne d’implantation locale et quasiment amicale vis-à-vis de leurs clients, ont attribués des prêts à tout va en prenant des risques inconsidérés. Et lorsque le marché immobilier se retourna brutalement, elles se retrouvèrent face à des défauts de paiement de leurs clients considérables qui ont affecté gravement leurs bilans. D’où des regroupements multiples en ce moment entre Caisses d’Epargne sous l’égide des pouvoirs publics et de la Banque d’Espagne pour éviter la faillite.

Un subprime infiniment moins sophistiqué que celui des Etats Unis et surtout confiné à l’Espagne voire à la région, là ou les banques américaines ont exportés partout dans le monde leurs fonds à risques sophistiqués.