Après la grande claque reçue à Abu Dhabi face aux matériels et opérateurs électriciens coréens,on peut se demander si nos spécialistes de l'industrie nucléaire ne se sont pas largement trompés sur les réacteurs et centrales qu'attend le marché mondial.ll est vrai qu'Areva a remporté le premier marché qui s'est présenté dans le cadre de la relance du nucléaire, celui de la Finlande. Mais quelle descente aux enfers dans ce projet depuis! Quelques années de retard  et quelques milliards perdus pour Areva, supposé être pourtant le champion mondial de l'éléctricité nucléaire.

Voici se profiler le deuxième client et appel d'offre potentiel dans notre zone d'influence, la Jordanie. Et qu'apprenons nous? Qu'Areva entend faire une offre avec le réacteur de 1000 MW (1600 MW pour un EPR) appellé Atmea en cours de développement avec le japonais Mitsubishi dans le cadre d'une société commune qui porte justement ce nom. Lequel serait mieux adapté à la demande de petits pays avec des moyens plus faibles que les économies développées qui étaient jusqu'à présent la cible des constructeurs et opérateurs .

Et puis voila t il pas que le Président de GDF-Suez, Gerard Mestrallet, demande officiellement la construction d'une centrale nucléaire nouvelle dans la vallée du Rhone sur la base non pas de l'EPR mais de ce nouveau réacteur Atmea de 1000 MW.Avec sans doute d'excellentes raisons, mettre en place un "démonstrateur" de ce nouveau réacteur pour en prouver la validité  à l'exportation, mais surtout pour faire pièce à EDF qui se bat bec et ongle pour conserver son monopole en France.

Curieusement, on nous raconte que ce réacteur plus petit serait moins couteux que l'EPR alors que d'habitude on accorde à la taille de l'unité de fabrication un effet positif sur les couts. A moins que les concepteurs de l'EPR, habitués à l'absence de concurrence at au principe de précaution qui justifaient toutes les audaces techniques ne se soient trop "lachés" sur sa sophistication technique au point de le rendre non compétitif? D'autant plus que ne doit pas y avoir eu beaucoup d'étude de marché de faite sur ce produit et son attractivité dans le reste du monde. Un effet du "Gallic spirit", en français l'arrogance française, sans doute.

Peut être un jour nous dira t on que ce réacteur est plus "simple" que l'EPR? Jusqu'à quel point? Là est la question.

En tous cas, voila une demande qui va mettre l'Etat Français devant ses responsabilités, maintenir à toute forces le monopole de EDF, contrairement aux principes de Maastricht, ou l'ouvrir à un autre compétiteur, français néanmoins, tout aussi puissant avec une légitimité dans le nucléaire qui lui vient de son implantation belge(6000 MW installé là bas!), en meilleure situation financière et infiniment plus international. D'autant qu'en même temps, l'allemand E.ON en la personne de son Président, se plaint publiquement que la France ait " un problème avec l'ouverture de son marché de l'énergie". D'après lui, il n'est pas possible de mettre en place une concurrence avec des prix régulés par l'Etat...

En tous cas, une chose est sure, vous retrouverez le prix de l'EPR dans le tarif "régulé" de votre électricité.